Vols de la CIA: des services nationaux ont coopéré en Europe

Des agents de services nationaux ont collaboré en Europe à des remises à la CIA de personnes suspectées de terrorisme, a indiqué mardi à Strasbourg le parlementaire suisse Dick Marty, chargé d'enquêter sur des activités illicites des services de renseignement américains en Europe.

(AFP) "Des agents de services nationaux ont collaboré à des remises et à des transports de personnes suspectées de terrorisme, c'est prouvé", a-t-il déclaré devant ses pairs de l'Assemblée parlementaire (APCE) de l'organisation paneuropéenne. Les parlementaires ont pris connaissance du rapport, déjà dévoilé le 7 juin à Paris. Il épingle quatorze pays européens pour leur implication dans les vols secrets de la CIA et, dans le cas de la Pologne et de la Roumanie, pour avoir abrité des centres de détention clandestins. Il met en cause sept pays pour "violations des droits de la personne" lors de transfèrements illégaux: Suède, Bosnie-Herzégovine, Royaume-Uni, Italie, l'ancienne république yougoslave de Macédoine, l'Allemagne et la Turquie. Sept autres pays - Pologne, Roumanie, Espagne, Chypre, Irlande, Portugal, Grèce - y sont cités pour "collusion". L'Assemblée doit adopter mardi une résolution qui ne prévoira pas de condamnation mais demandera l'adoption d'instruments plus efficaces face à la menace terroriste dans le respect des normes de protection des droits de l'homme, a indiqué M. Marty. "Nous devons avoir un ordre juridique mondial avec nos amis et alliés des Etats-Unis, mais il faut le faire sur des valeurs conduites notamment par le Conseil de l'Europe", a martelé M. Marty. Il a remercié le vice-président de la Commission européenne, Franco Frattini, pour avoir obtenu des images d'Eurocontrol et du centre satellitaire de l'UE sur les vols suspectés de transporter des terroristes présumés de lieux de détention en Europe vers des pays dont certains pratiquent la torture. M. Frattini a déclaré à Strasbourg que la commission temporaire ad hoc du Parlement européen va poursuivre "au moins encore six mois" son travail.

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