Soutien moral des Américains aux marchés d'Europe

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L'impasse politique en Grèce et l'annonce d'une lourde perte de trading par JP Morgan ont pesé sur les indices boursiers. Mais l'Europe boursière a limité les pertes dans le sillage de New York, en hausse après l'annonce d'une forte amélioration du moral des ménages américains.

Enième séance de volatilité. La Grèce, la mauvaise santé de l'économie mondiale et des banques espagnoles ont d'emblée installé les marchés d'actions sur une pente raide. Mais les principaux indices européens ont effacé une partie de leurs pertes après-midi dans le sillage de Wall Street.

La Bourse de New York a résisté au choc d'une perte de courtage de deux milliards de dollars de JPMorgan Chase grâce à la hausse surprise du moral des ménages américains, publié par l'Université du Michigan.

Mais les données macroéconomiques US, si elles ont permis un retournement, n'ont pas donné de tendance nette. L'indice CAC 40 a perdu 0,37%, tandis que le Dax francfortois affichait +0,95% et l’indice londonien +0,57%.

Le contexte incertain a convié les investisseurs à la prudence en cette fin de semaine. D'où les variations d'amplitudes importantes tout au long de la séance.

Le gouvernement espagnol a adopté une nouvelle réforme des banques, jugées trop exposées au secteur sinistré de l'immobilier, leur imposant de sortir de leur bilan ces actifs et de réaliser des provisions supplémentaires de 30 milliards d'euros. Reste à savoir si cette deuxième réforme d'un gouvernement en place depuis décembre sera suffisante.

Cette réforme survient deux jours à peine après une nouvelle intervention publique dans une banque, huitième nationalisation depuis l'éclatement de la bulle en 2008: il s'agissait de sauver Bankia, quatrième banque cotée du pays, qui compte 31,8 milliards d'euros d'actifs immobiliers risqués.

Parallèlement, le dossier grec est resté au coeur des préoccupations. Athènes peine toujours à mettre sur pied un gouvernement de coalition pour éviter de retourner aux urnes en juin. Les décideurs grecs ont ainsi reçu une volée de bois vert de la part de leurs homologues allemands qui, à bout de patience, envisagent ouvertement sa sortie de l'euro.

Une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait entraîner un abaissement de la note de tous les autres pays de l'Union monétaire actuellement sous perspective négative, a d'ailleurs averti l'agence de notation Fitch Ratings. Chypre, France, Irlande, Italie, Portugal, Espagne, Slovénie et Belgique, seraient en première ligne d'un abaissement de rating "dans un délai relativement court".

Enfin, les prévisions économiques de Bruxelles n'étaient pas de nature à rassurer le marché.

L'Union monétaire, en phase de récession, devrait connaître "une lente reprise", a estimé la Commission européenne qui table sur un Produit intérieur brut de 1% en 2013. De son côté, le chômage risque de s'ancrer autour de 11% l'année prochaine, un niveau encore jamais atteint.

Les valeurs liées aux matières premières perdaient le plus (-1,01%), affectées par un indicateur confirmant un coup de frein à la croissance chinoise. Les prévisions de croissance économique en zone euro publiées ce vendredi par la Commission européenne ne sont pas non plus de nature à revigorer les marchés.

Les valeurs bancaires étaient également sous pression, refroidies par l'enlisement de la Grèce dans la crise politique et par les pertes en milliards anticipées par JP Morgan. Mais la mise au pas du secteur espagnol a quelque peu apaisé les craintes systémiques, permettant au compartiment européen de limiter son repli à 0,79%.

A Bruxelles, le Bel 20 a reculé de 0,13% à 2.184 points. Sur la semaine, l'indice national belge a néanmoins progressé de 0,82%.

D'Ieteren a plongé de plus de 10% en session, sanctionné en raison des mauvais chiffres trimestriels de sa filiale Belron, spécialisée dans les réparations liées aux bris de glace.  Au lendemain d'un bond de plus de 9%, en réaction aux résultats, KBC est retombé d'environ 3%, dans le sillage des bancaires européennes. Sur le marché élargi, Arseus a bondi de 6,75% à 13,76 euros. Le fonds de private equity Cinven a approché Arseus avec un projet de rachat. Selon plusieurs sources, il aurait fait une proposition de rachat à 15 euros par action qu'Arseus aurait refusé, l'offre étant jugée trop faible au vu des perspectives de croissance.

Notons qu'à Paris, le titre Crédit Agricole est tombé à un nouveau plus bas historique (3,38 euros) ce matin, plombé par la chute de près de 75% du bénéfice net du groupe bancaire au premier trimestre de par son exposition à la Grèce via sa filiale locale Emporiki. L'action est ensuite repassée dans le vert avant de clôturer à 3,46 euros (-1%).


STATISTIQUES

Chine

La hausse de la production industrielle a fortement ralenti en Chine, s'élevant à seulement 9,3% au mois d'avril, son niveau le plus faible depuis mai 2009. Le chiffre est largement inférieur aux attentes des analystes interrogés par l'agence Dow Jones, qui s'attendaient à 12,2% de hausse.

Allemagne

Le chiffre de l'inflation en Allemagne en avril a été révisé en légère hausse vendredi par l'Office fédéral des statistiques Destatis, à 2,1% sur un an contre 2% selon un précédent chiffre provisoire publié fin avril. L'inflation n'a donc pas ralenti par rapport à mars, qui affichait déjà une hausse des prix de 2,1% sur un an.

Zone euro

La zone euro, en phase de récession, devrait connaître "une lente reprise", a estimé la Commission européenne qui table sur un Produit intérieur brut de 1% en 2013. "Une reprise est en vue, mais la situation économique reste fragile, avec encore de grandes disparités entre les États membres", a estimé le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, en présentant ses prévisions économiques de printemps.

Etats-Unis

- Les prix à la production ont reculé de façon inattendue en avril, en raison d'une baisse des prix de l'énergie, selon les chiffres publiés vendredi par le département du Travail. L'indice des prix à la production a baissé de 0,2% le mois dernier. Il s'agit de sa première diminution de l'année et de son recul le plus marqué depuis octobre. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une stabilité des prix. Les prix de l'énergie ont reculé de 1,4%, leur plus forte baisse depuis octobre. Les coûts de l'essence ont chuté de 1,7%. Sur un an, les prix de gros sont en hausse de 1,9%. Il faut remonter à octobre 2009 pour trouver une augmentation aussi modeste. Hors éléments instables que sont le prix de l'alimentation et de l'énergie, les prix de gros sont en hausse de 0,2%, conformément aux attentes du marché, après une avancée de 0,3% en mars. Sur un an, ces prix ont crû de 2,7% après avoir augmenté de 2,9% en mars.

- Le moral des ménages progresse aux Etats-Unis, selon l'indice de confiance des consommateurs américains de mai publié vendredi par l'Université du Michigan. Cet indice a progressé de 1,4 point par rapport à avril pour s'établir à 77,8, son niveau le plus élevé depuis janvier 2008, selon une estimation encore provisoire. La prévision médiane des analystes le donnait au contraire en baisse, à 76,0.

VALEURS A SUIVRE

D'Ieteren a enregistré une légère baisse de ses ventes consolidées au premier trimestre de 2011 (-2,6%). Si ses activités de distribution automobile ont tenu, malgré la modification du régime fiscale belge et la disparition des primes, les ventes du "bris de glace" (Belron) accusent une baisse de 8,1% sur un an avec un lourd impact sur sa rentabilité.

Ter Beke a réalisé des investissements dans de nouvelles gammes de produits et propose actuellement une campagne de publicité télévisée. Ces éléments, couplés à une hausse du prix des matières premières, poussent le groupe alimentaire à se montrer prudent sur son résultat opérationnel, même si les ventes s'avèrent en hausse au premier trimestre.

Alfacam annonce un chiffre d'affaires de 7,7 millions d'euros pour le premier trimestre 2012. C'est une forte hausse par rapport à l'an dernier à la même période (3,5 millions). Pour le premier semestre, Alfacam mise sur un chiffre d'affaires de 19 millions d'euros (qui constitueraient une augmentation de 150% par rapport aux six premiers mois de 2011).

Ascensio a réalisé un bénéfice net de 7,2 millions d'euros au premier semestre de son exercice, en hausse de 12,6%.

Leasinvest a vu ses revenus locatifs baisser de 5,7% au premier trimestre de l'année. Son bénéfice net est ressorti à 4 millions d'euros, contre 4,8 millions un an plus tôt. Le dividende devrait rester en ligne avec celui qui a été distribué en 2011.

Rentabiliweb a vu son chiffre d'affaires trimestriel passer de 22,6 millions au premier trimestre de 2011 à 19,2 millions sur les trois premiers mois de 2012.

Serviceflats Invest a enregistré des revenus locatifs de 2,35 millions d'euros au premier trimestre de 2012, contre 2,05 millions sur la même période de 2011.

CFE et Intervest Offices & Warehouses cotent sans leur dividende brut.



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