Surchauffe à Tokyo

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La Bourse de Tokyo a terminé en très forte baisse à l'issue d'une séance frénétique. Le volume d'échanges a atteint 7,65 milliards d'actions, du jamais vu depuis la création de cette place boursière en 1949. Le marché a plongé après l'annonce que la production manufacturière en Chine se contracterait en mai d'après la banque HSBC. Cette statistique a relancé les inquiétudes sur la croissance dans la deuxième économie mondiale.

La Bourse de Tokyo a terminé jeudi en très forte baisse de 7,32% à l'issue d'une séance frénétique, après un bond d'environ 80% en six mois qui pourrait avoir provoqué une surchauffe.

A la clôture, l'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes a plongé de 1.143,28 points à 14.483,98 points.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a perdu de son côté 6,87%, soit 87,69 points à 1.188,34 points.

Le volume d'échanges a atteint 7,65 milliards d'actions, du jamais vu depuis la création de cette place boursière en 1949.

Après une ouverture dans le vert, le marché a plongé après l'annonce que la production manufacturière en Chine se contracterait en mai d'après la banque HSBC, ce qui a relancé les inquiétudes sur la croissance dans la deuxième économie mondiale.

Cette statistique décevante n'a servi en effet que de déclencheur aux vastes prises de bénéfices attendues depuis plusieurs semaines.

Le Nikkei a en effet bondi de quelque 80% en six mois, dopé par la perspective d'une politique monétaire autrement plus accommodante de la part de la Banque du Japon (BoJ).

L'indice vedette évoluait ces jours derniers à son plus haut niveau depuis plus de cinq ans, aussi des opérateurs guettaient la moindre occasion pour vendre certains titres achetés beaucoup moins chers et empocher un bénéfice.

Parmi les secteurs les plus touchés par le plongeon de la Bourse figurent:

 

  • Le courtage, qui s'était envolé ces derniers mois à la faveur de l'enthousiasme général. Daiwa Securities Group a plongé de 11,71% à 875 yens et Nomura Holdings de 8,16% à 878 yens.
  • Autre domaine particulièrement touché, l'immobilier : Heiwa Real Estate s'est écroulé de 12,76% à 1.941 yens et Mitsubishi Estate de 9,30% à 2.603 yens.
  • Les valeurs bancaires qui ont bien profité des gains précédents ont aussi été durement éprouvées : Mitsubishi UFJ Financial Group a chuté de 9,30% à 634 yens, Mizuho Financial Group de 6,33% à 207 yens et Sumitomo Mitsui Financial Group de 7,82% à 4.300 yens.
  • Soutenus par des fondamentaux solides, les constructeurs d'autombiles ont limité la casse: Toyota a perdu 5,13% à 6.290 yens, Nissan 3,87% à 1.168 yens et Honda 5,18% à 4.030 yens. Mitsubishi Motors s'est en revanche crashé de 13,66% à 158 yens.
  • Du côté des fabricants d'électronique, Sony a abandonné 5,72% à 2.159 yens et Panasonic 6,83% à 886 yens. Le groupe en difficulté financière Sharp, dont le titre est particulièrement volatil ces derniers mois, a plongé de 13,14% à 522 yens.

 

Le marché obligataire a aussi été agité et le taux de l'obligation d'Etat japonais à dix ans, qui fait référence, a dépassé dans la matinée le seuil symbolique de 1% pour la première fois depuis plus d'un an.

Pour tenter de calmer le marché, la BoJ a mis 2.000 milliards de yens (15 milliards d'euros) à disposition des banques pour leurs opérations courantes. Le taux de l'emprunt à dix ans est ensuite repassé sous 1%.

 

Sur le marché des changes, le yen a rebondi, après avoir perdu 25% de sa valeur en six mois face au dollar et à l'euro.

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