AG Insurance multiplie les investissements à long terme dans l'économie réelle

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En 2012, AG Insurance a encore réduit son exposition aux états du sud de l’Europe. Dans un environnement financier en mutation, il se vante d’investir dans la Belgique et l’économie réelle.

AG Insurance a clôturé l’exercice 2012 avec un portefeuille d’actifs de 62 milliards d’euros. Or, reconnaît Wim Vermeir, Chief Investment Officer, l’environnement d’investissement a changé.

Il pointe trois mutations: primo, le rêve d’un grand marché domestique européen créé par l’euro s’est effondré. La crise a montré un repli sur les marchés nationaux.

Secundo, l’environnement de taux bas et le risque élevé poussent les assureurs et les investisseurs à trouver des produits alternatifs présentant un équilibre entre rendement et risque.

Tertio, le financement à long terme se raréfie notamment à cause de la réglementation comme Bâle III qui exige des banques une adéquation des crédits et des dépôts.

"Les banques continuent d’octroyer du crédit mais à court terme. Il y a donc là une opportunité pour les assureurs de se renforcer dans l’octroi du crédit à long terme", explique Vermeir.

Un portefeuille varié

Fort de ce constat, AG Insurance a adapté la répartition de ses placements. "Les choix stratégiques impliquent qu’AG Insurance investit de plus en plus ses avoirs en Belgique et dans l’économie réelle", indique le CIO. L’assureur a ainsi consacré en 2012 quelque 1,2 milliard d’euros à des emprunts aux entreprises (principalement par le biais de fonds comme le Gimv-XL), aux pouvoirs publics, aux particuliers (sous forme de crédits hypothécaires) et dans des projets d’infrastructures.

"Un domaine au profil de risque défensif, vu son faible risque de faillite qui jusqu’ici était dominé par les banques et qui peut constituer une alternative aux obligations d’État", précise Wim Vermeir.

Les autres avantages résident dans une durée des investissements en adéquation avec les engagements d’un assureur, un degré élevé de récupération et des rendements supérieurs aux obligations d’état.

Pour 2012, la production nouvelle de projet d’infrastructures s’élevait à 80 millions. Des projets visant des écoles, des prisons et des bibliothèques sont actuellement en négociations pour 100 millions.

L’assureur s’est par ailleurs renforcé dans la dette belge. Il détient ainsi 6% de celle-ci pour un montant de 18 milliards d’euros.

L’immobilier reste une classe d’actifs dans laquelle AG Insurance, via sa filiale AG Real Estate, occupe une position forte avec 5,5 milliards investis pour compte propre.

Enfin, la part des obligations d’entreprises "non financières" représente 7 milliards d’euros du portefeuille. La diversification de ce pan du portefeuille se traduit tant dans les secteurs investis qu’en terme géographique avec une dominance des entreprises françaises (30,2%). Les sociétés belges représentent 3,8%.

Retour à la normale

AG Insurance clôture par ailleurs l’exercice 2012 avec un encaissement au même niveau qu’en 2009: 5,13 milliards en vie et 1,76 milliard en non-vie. Néanmoins, Antonio Cano, CEO, s’interroge sur l’impact qu’aura la taxe de 2% sur les produits de la branche 21.

"Nous ne poussons pas les investisseurs vers la branche 23 ou la branche 21, mais nous expliquons les avantages et les inconvénients de l’un et l’autre. D’ailleurs, je trouve que la FSMA devrait davantage se concentrer sur l’éducation financière du citoyen plutôt que sur les prospectus et autre MiFiD", a-t-il lancé.

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