Aurons-nous un rally de fin d'année?

Les opérateurs s'apprêtent à fêter une année de records à Wall Street. ©REUTERS

Selon toute vraisemblance: oui. Sans doute, concèdent certains, les cours reculeront d’abord, avant de remonter. Le S&P 500 est attendu à 1.800 points, cette année encore.

C’est la question à 100 dollars. Celle que l’on se pose chaque année, à pareille époque, à Wall Street, ainsi d’ailleurs que sur les autres places boursières: aurons-nous droit au traditionnel rally de fin d’année? Il semble que oui en regard du momentum en cours sur les Bourses, de cet indicateur technique qui émet des signaux d’achats, ou l’inverse. Pour l’heure, il est plutôt favorable.

6% de plus

Mais, après une hausse de 23,4% de l’indice S&P500 depuis le début de cette année, est-il raisonnable de tabler sur une poursuite de la hausse de cet indice, au risque de crier à la "bulle"? Surtout si l’on sait qu’un rally de fin d’année digne de ce nom signifie une hausse supplémentaire de 5 à 10% des actions. Dans ce cas, le S&P500 est parti pour totaliser un gain de quelque 30% sur l’ensemble de 2013.

Que l’on se rassure. Ce ne serait pas la première fois que la Bourse américaine réaliserait un tel parcours. Depuis 1980, à huit reprises, le S&P500 a enregistré un bilan annuel supérieur à celui déjà engrangé cette année. Les gains vont de 25,8% pour l’année 1980, à 31,01% en 1997.

Un tel constat ne suffit évidemment pas à tirer la conclusion selon laquelle les dernières semaines de l’année seront à coup sûr rémunératrices en Bourse. Mais, comme l’a relevé Bloomberg, les actions ont bien tendance à poursuivre sur leur lancée, à chaque fois ou presque qu’elles ont gagné 10% en moyenne entre janvier et octobre. Cela s’est vérifié 8 fois sur dix depuis 1928.

En général, précise encore Bloomberg, lorsque les Bourses ont beaucoup progressé au cours des 10 premiers mois, elles gagnent encore 6,1% sur les deux derniers mois. Ce qui, si on calcule bien, conduirait l’indice S&P500 à un sommet historique de 1.865 points, contre 1.760 à l’ouverture d’hier.

Jusqu’à 1.878 points

Un autre élément conforte le sentiment selon lequel Wall Street pourrait être en mesure de maintenir sa tendance haussière dans les prochaines semaines: c’est la question des bénéfices que réalisent les entreprises cotées.

Ils sont à ce jour 20% plus élevés que ceux réalisés en 2007, lorsque le S&P500 avait établi ses derniers records, avant la chute de la banque américaine Lehman Brothers. En toute logique, l’indice S&P500 devrait donc aujourd’hui évoluer à un niveau supérieur de 20% au dernier sommet de 2007 (1.565 points).

Dans ce cas de figure, l’indice pourrait bien être en mesure de monter jusqu’à 1.878 points dans les semaines à venir. Il lui suffit pour y arriver, de progresser de 6,7%.

À 1.878 points pour le S&P500, on le consent, Wall Street n’apparaîtra plus vraiment bon marché. Tout comme il serait prématuré de la considérer comme étant chère. Sur la base d’une prévision médiane de 109 dollars par action établie par Bloomberg, à partir d’avis de stratégistes de renom à Wall Street, le S&P500 s’échangerait à 17,2 fois les bénéfices attendus pour cette année, à un niveau qui était le sien à l’été 2009 et qui est inférieur à la moyenne de 19,3 des 15 dernières années.

Stratégistes mitigés

Petit bémol, les stratégistes ne font guère preuve d’enthousiasme pour leur part, en ce qui concerne le comportement du marché en cette fin d’année. Sur les 19 experts de la prévision suivis par Bloomberg, à peine 4 le voient finir 2013 au-delà du niveau actuel. Les deux plus optimistes prédisent un niveau de 1.800 points.

Le "rally" de fin d’année se limiterait dans ce cas à une modeste hausse de 2,3% pour le S&P500. Une perspective bien maigre qui pousse certains prévisionnistes à recommander d’attendre un repli des cours avant de revenir sur les actions.

Même si Abby Cohen, senior investment strategist chez Goldman Sachs évalue "le marché américain des actions sous-valorisé".

Analyste technique auprès de BMO, Russ Visch juge "assez élevé" le risque d’un repli à court terme du S&P500. Il le voit revenir à 1.729 points. "Une baisse devrait être considérée comme une opportunité pour continuer à accumuler des actions", dit-il.

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