Publicité

Dette belge: émission accomplie

La Belgique a placé 2,3 milliards d'obligations ce lundi. Le taux moyen des titres à 10 ans est repassé au-dessus du seuil des 3%. La demande a été 2,55 fois plus élevée que l'offre.

L'agence de la dette belge a placé ce lundi des obligations pour un montant de 2,29 milliards d'euros, qui arriveront à maturité en 2016 (assorties d'un coupon de 2,75%), 2020 (3,75%) et 2041 (4,25%).

Le taux moyen des obligations à 10 ans est repassé au-dessus des 3%, à 3,137%. Lors de la précédente émission fin août dernier, l'agence de la dette avait vendu pour 1,095 milliard de dette. Le taux moyen des titres à 10 ans avait alors enfoncé le seuil historique des 3%.

L'émission de ce lundi a attiré plus d'investisseurs que lors de la précédente opération. La demande a été 2,55 fois plus élevée que l'offre, contre 1,84 lors de l'émission précédente.

L'écart de rendement (spread) entre les obligations belges à 10 ans et leurs homologues allemandes, référence sur le marché obligataire européen, s'est légèrement détendu, passant de 89 points de base ce matin à 85 pdb, toujours proche de son plus haut de l'année à 105 points de base.

Les coûts de financement de la Belgique ont en effet augmenté à un rythme très élevé depuis le 3 septembre dernier, lorsque les discussions pour la formation d'un gouvernement ont été avortées. Le spread a augmenté de plus de 40% en un peu plus de trois semaines, un rythme de progression plus rapide que celui observé pour les pays dits "périphériques", notamment par rapport au spread irlandais qui est montée de 21% sur la même période.

Selon un gestionnaire de fonds d'investissement d'Ignis Asset Management, "la Belgique devient quasi périphérique, avec son niveau d'endettement. Elle n'est actuellement pas en mesure de réduire son déficit via des mesures d'austérité". La dette belge a atteint en 2009 plus de 97% du produit intérieur brut, comparé à 64% pour l'Irlande, 115% pour la Grèce, 53% pour l'Espagne, 116% pour l'Italie et 77% pour le Portugal.

Mais les efforts pour réduire le déficit budgétaire belge sont entravés par un gouvernement qui travaille en affaires courantes depuis les élections du 13 juin dernier, alors que les négociations en vue de la formation d'une nouvelle coalition n'ont pas abouti.

Selon Koen Van De Maele, responsable des fonds à taux fixe chez Dexia Asset Management, "la Belgique est assez solide d'un point de vue économique, mais l'instabilité politique pourrait effrayer les investisseurs. Il existe un risque de réputation pour la Belgique, qui pourrait peser sur les obligations belges". Il est "plus inquiet" pour les obligations belges que pour les néerlandaises, alors que les Pays-Bas sont également confrontés à un gouvernement en affaires courantes depuis plusieurs mois.

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés