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Euronext Bruxelles obligé de se réinventer

Les activités du Palais de la Bourse partent dans les entités de NYSE Euronext. Il risque de devenir juste un centre de représentation.

En liant son destin à celui d’Euronext, puis à celui du New York Stock Exchange, la Bourse de Bruxelles a vu progressivement s’échapper ses activités. Son centre de données sur les transactions est parti à Paris, puis à Basildon, dans le sud-est de Londres. Ses marchés cash et dérivés pourraient aussi être délocalisés à Amsterdam (L’Echo du 24/9). Et certains services, comme le conseil aux sociétés cotées, se retrouvent disséminés au sein des autres entités du groupe, à Paris et Amsterdam surtout. La fonte du personnel encore présent à la Bourse, dans l’indifférence générale, en témoigne. Il reste seulement 28 personnes dans le bâtiment. Avant la fusion avec Euronext, ce chiffre s’élevait à 230. À titre de comparaison, la Bourse de Reykjavik (partie intégrante de Nasdaq OMX) compte actuellement 25 employés, et celle de Vilnius 22.

"Le modèle fédéral original d’Euronext n’était simplement pas viable à long terme", constate Patrick Young, président de Derivatives Vision. "Le groupe devait se rationaliser en une simple structure technologique pour tous ses marchés, et une architecture en hub pour ses services" ajoute-t-il.

Ceci ne signifie toutefois pas que la Bourse de Bruxelles est en voie de disparition. "La Bourse est devenue un accès local au plus grand marché du monde" souligne à l’envi Vincent Van Dessel, président de la Bourse de Bruxelles. "Il faut désormais voir la Bourse comme une entité régionale au sein d’un grand groupe comme NYSE Euronext", indique Patrick Young. "Sur place, il ne devrait subsister que des services dédiés à la régulation locale et une équipe de marketing et de relations avec les sociétés cotées" ajoute-t-il. Ceci permettrait de recentrer l’attention des sociétés, en particulier les PME, sur la Bourse de Bruxelles. L’entrée en Bourse des Vérandas 4 saisons sur le Marché Libre parisien cette semaine, résonne encore étrangement ici.

Le défi des PME

Les PME, justement, représentent un gros défi pour la Bourse de Bruxelles. NYSE Euronext, comme les autres Bourses, deviennent de plus en plus obsédées par les transactions sur les titres les plus liquides. L’implémentation d’UTP (la nouvelle plateforme de transactions du groupe), cette année, est surtout destinée à rivaliser avec la concurrence sur les actions les plus traitées. "Le service aux petites et moyennes entreprises est oublié dans cette histoire" constate Patrick Young. "Et pourtant, il existe des Bourses qui ont réussi à faire du listing des PME un vrai succès, comme la Bourse de Dublin, dont la seule raison d’exister est le service aux PME" souligne-t-il. Selon lui, seules des plus petites entités peuvent encourager la cotation des PME. "Il est possible qu’une nouvelle Bourse émerge pour la cotation des PME en Belgique, mais celle-ci ne viendra pas de la Bourse de Bruxelles telle qu’on la connaît actuellement" précise-t-il.

Tel serait le seul salut de la Bourse de Bruxelles? Cette idée suit déjà son cours…

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