Fin de semaine maussade sur les marchés

En Bourse de Bruxelles, les résultats de Delhaize pèsent sur le Bel 20.

Les marchés européens ont terminé sur une note hésitante, après avoir digéré une série de statistiques mitigées en provenance des Etats-Unis et de la zone euro. Seul le Bel 20 a réellement pris une direction, mais pas la bonne : plombée par Delhaize, qui a plongé de plus de 11%, la Bourse de Bruxelles a reculé de 0,8%.

Ce vendredi, après avoir ouvert en hausse, les principaux marchés boursiers européens sont passés en territoire négatif en début d'après-midi. La publication de l'indice de confiance des consommateurs américains a légèrement changé la donne : à la clôture, le DJ Stoxx 600 était en hausse de 0,25% et le Footsie de 0,18%. En revanche, l'AEX a terminé à l'équilibre et le CAC 40 a reculé de 0,3%.

Les investisseurs restent en proie aux craintes liées au ralentissement de la croissance économique aux Etats-Unis et en Chine. Même la croissance en zone euro, ressortie à 1% au deuxième trimestre, mieux qu'espéré par les analystes, n'a pas réussi à rassurer les marchés. De fait, la croissance record enregistrée par l'Allemagne (+2,2%) cache une reprise très inégale, comme en témoignent notamment les chiffres publiés par les pays "périphériques", notamment au Portugal et en Espagne (+0,2%).

Les économistes, qui mettent en garde depuis des mois contre les disparités à l'intérieur de la zone euro, craignent toujours un essoufflement de la croissance vers la fin de l'année, sur fond de plans d'austérité budgétaire et de réformes difficiles comme celles des retraites.

En outre, l'annonce d'un montant de dettes record des banques espagnoles vis-à-vis de la Banque centrale européenne, à plus de 130 milliards d'euros, a ravivé les craintes entourant le secteur financier européen.

La Bourse de Bruxelles a subi le plus net revers du jour parmi les marchés européens, les résultats décevants de Delhaize s'ajoutant à une tendance déjà négative par ailleurs. Malgré une ouverture en légère hausse, le Bel 20 a cédé 0,8% à 2.485 points. Le groupe de distribution a plongé de 11,2% à 51,75 euros, sa plus forte chute depuis le mois d'octobre 2008.

Le retard de l'indice belge par rapport aux autres places boursières européennes est dû en grande partie au plongeon de plus de 8% du titre Delhaize, qui représente 9% de la pondération de l'indice vedette de la Bourse de Bruxelles. Le groupe a fait part de résultats trimestriels en-dessous des attentes et a abaissé ses prévisions de bénéfice pour l'ensemble de l'exercice.

Sur le marché des changes, l'euro souffre face au dollar. Vendredi, à l'heure de la clôture européenne, l'euro fluctuait autour de 1,27 dollar. Les inquiétudes entourant la santé de l'économie mondiale conjuguées au retour des craintes à propos du secteur financier européen permettent au billet vert de conforter sa récente remontée face à l'euro. Le dollar bénéficie de son statut de valeur refuge, tout comme le yen qui reste proche de ses plus hauts niveaux depuis 15 ans.

Du côté des matières premières, en raison d'interrogations suscitées par l'évolution de la demande de pétrole dans un contexte de ralentissement de la croissance économique, les cours du brut se sont rapprochés des 75 dollars le baril. Vendredi soir, le prix du pétrole était sous 1,76 dollar le baril. Les analystes estiment que la fragilité de la reprise de l'économie mondiale continuera de peser sur le marché.

STATISTIQUES

Allemagne

  • Le produit intérieur brut allemand a signé au deuxième trimestre une croissance de 2,2% par rapport au premier, la plus forte depuis la réunification en 1990. Le chiffre de la croissance du premier trimestre a en outre été révisé en nette hausse, à 0,5%, contre un précédent chiffre de 0,2%.

Zone euro

  • La croissance économique s'est accélérée plus que prévu au deuxième trimestre dans la zone euro, à 1% après 0,2% sur les trois mois précédents, dépassant celle enregistrée aux Etats-Unis, selon une première estimation d'Eurostat. C'est supérieur aux attentes des analystes interrogés par Dow Jones Newswires. L'accélération de la croissance européenne doit beaucoup à la performance de l'Allemagne.
  • La zone euro a enregistré un excédent commercial de 2,4 milliards d'euros en juin, après un déficit de 3,3 milliards en mai, selon une première estimation. Un an plus tôt, en juin 2009, la zone euro avait connu un excédent du commerce extérieur de 5,2 milliards d'euros avec le reste du monde.

Etats-Unis

  • Les prix à la consommation aux Etats-Unis sont repartis à la hausse en juillet après trois mois consécutifs de baisse. En données corrigées des variations saisonnières, ces prix ont augmenté de 0,3% par rapport au mois précédent, renversant la tendance des mois précédents. Cette hausse était attendue des analystes, mais ils estimaient qu'elle serait moins marquée. 
  • Les ventes de détail aux Etats-Unis sont reparties à la hausse en juillet après deux mois de recul, notamment grâce à un rebond des ventes d'automobiles. En données corrigées des variations saisonnières, ces ventes ont augmenté de 0,4% par rapport au mois précédent. C'est légèrement moins que ne le prévoyaient les analystes.
  • La confiance des consommateurs américains a rebondi en août après une chute en juillet, mais légèrement moins que ne le prévoyaient les analystes. Pour le mois d'août, l'indice de confiance s'est établi à 69,6, alors que les analystes tablaient en moyenne sur 70,0.

VALEURS A SUIVRE

  • Delhaize a vu ses revenus progresser de 4,7% au deuxième trimestre. Le chiffre d'affaires est lui en baisse de 3,6% aux Etats-Unis. Il progresse par contre de 5% en Belgique. L'entreprise annonce par ailleurs qu'elle va augmenter son objectif d'économies de coûts d'ici fin 2012 de 300 millions d'euros à 500 millions d'euros. Dans la foulée, Delhaize a revu à la baisse ses prévisions pour l'exercice en cours.
    KBC a abaissé sa recommandation à "conserver" contre "accumuler" avant.

 

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