L'euro au plus haut en 6 mois

L'euro est monté vendredi au-dessus du seuil de 1,37 dollar pour la première fois depuis six mois et demi, poursuivant son mouvement d'appréciation des précédentes séances face à un billet vert affaibli.

L'euro évoluait vendredi au-dessus du seuil de 1,37 dollar pour la première fois depuis six mois et demi, poursuivant son appréciation face à un dollar toujours affaibli par des craintes d'intervention de la banque centrale américaine pour aider une reprise au ralenti.

Vers 09H35 GMT, la monnaie unique européenne a grimpé jusqu'à 1,3764 dollar, un niveau record depuis le 17 mars.

Ce regain de vitalité de la monnaie unique face au billet vert risque d'alimenter les spéculations sur une "guerre des changes" entre grandes puissances, alors que les Européens estiment qu'un euro supérieur au seuil de 1,35 dollar handicape leurs exportations.

"Ce sont les attentes d'une nouvelle vague d'assouplissement quantitatif par la Réserve fédérale américaine (Fed) qui continuent de miner le dollar, et de porter la monnaie unique", commentait David Morrison, analyste chez GFT.

En effet, les cambistes estiment que la Fed pourrait remettre en marche la planche à billets afin de soutenir la reprise chancelante de la première économie mondiale.

Ces spéculations ont été alimentées par une série d'indicateurs américains inquiétants sur la vigueur de la reprise économique du pays, poussant la Fed à envisager de nouvelles mesures de soutien.

"Tant que de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif seront sur la table, les investisseurs ne voudront pas détenir de dollars", note Kathleen Brooks, analyste du cabinet Forex.com.

En effet, "l'assouplissement quantitatif implique la création de nouveaux dollars par la Fed, qui sont injectés dans le système par le biais d'achats de bons du Trésor, de valeurs garanties par hypothèque, et éventuellement d'autres actifs", explique M. Morrison.

"En imprimant ces dollars supplémentaires, la Fed dilue le pouvoir d'achat de la monnaie existante, provoquant une dévaluation de la devise", et une légère poussée de l'inflation, que l'institution juge vitale pour la reprise de l'économie américaine, car elle peut aider le pays à contrôler le niveau de sa dette, poursuit M. Morrison.

La bataille des changes, qui implique aussi Européens, Japonais et Chinois, inquiètent désormais des pays émergents, comme le Brésil, dont la monnaie s'apprécie quasi-automatiquement face aux devises en baisse. Or ces pays ne disposent pas de fondamentaux économiques suffisamment solides pour faire face à une telle situation.

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