L'euro repasse sous 1,30 dollar

L'euro baissait face au dollar lundi, tombant même brièvement sous le seuil de 1,30 dollar pour la première fois depuis deux mois, plombé par un regain d'inquiétude sur la santé économique de l'Espagne et de l'Italie, dont les taux d'emprunt sur les marchés grimpent.

Vers 15h, l'euro valait 1,3050 dollar contre 1,3078 dollar vendredi vers 23h. Vers 7h35, l'euro est tombé à 1,2995 dollar, un plus bas depuis deux mois.

L'euro perdait également du terrain face à la devise nippone, à 105,48 yens, contre 105,83 yens vendredi soir, inscrivant même vers 06H35 GMT lundi un plus bas depuis le 20 février à 104,65 yens.

Le dollar baissait face au yen, à 80,82 yens contre 80,91 yens vendredi.

"Les marchés essayent actuellement de digérer les (dernières) nouvelles et de prendre une décision sur la marche à suivre, et l'Europe monopolise" les réflexions, observait Kathleen Brooks, analyste chez Forex.com.

Au coeur des préoccupations des cambistes se trouvait l'Espagne, dont les taux obligataires se tendaient fortement lundi, et "à une vitesse inquiétante", notait Mme Brooks.

Les investisseurs doutent de leur capacité de l'Espagne, et dans une moindre mesure l'Italie, confrontés à d'énormes dettes et engagés dans des plans d'austérité, à juguler leurs déficit.

"La pression sur ses taux obligataires et la trop forte dépendance de l'Espagne vis-à-vis des facilités de financement proposées par la BCE (Banque centrale européenne) suggèrent de plus en plus que le pays va devoir avoir recours à un sauvetage" financier, estimait Brenda Kelly, analyste chez CMC Markets.

De plus, les capacités de financement du Fonds monétaire international (FMI) étaient source de spéculations en ce début de semaine, alors que le renflouement de l'institution sera au centre de la rencontre vendredi des ministres des Finances du G20 à Washington.

La semaine dernière, la directrice du FMI, Christine Lagarde, avait revu à la baisse les besoins financiers de l'institution qu'elle demande aux pays membres de lui apporter mais que les Etats-Unis lui refusent.

Selon des informations de presse non confirmée par le pays, le Japon, deuxième actionnaire du FMI derrière les Etats-Unis, pourrait apporter 60 milliards de dollars supplémentaires à l'institution pour l'aider à mieux lutter contre la crise de la dette en Europe.

De plus, la prudence était de mise à l'aube d'une semaine chargée en indicateurs américains. Les premiers chiffres diffusés lundi étaient mitigés: les ventes de détails ont progressé plus que prévu en mars mais l'activité industrielle dans la région de New York a fortement baissé en avril.

 

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