La Bourse de Sao Paolo a explosé sous Lula

Depuis l’automne 2002, l’indice Bovespa s’est littéralement envolé de 670%!

Entre le moment de la prise de ses fonctions présidentielles à l’automne 2002 et son retour imminent à la vie de citoyen ordinaire, le président Luiz Inacio Lula da Silva a vu sa cote d’appréciation considérablement grimper dans les milieux financiers. Les inquiétudes, voire la panique, exprimées lors des toutes premières heures qui ont suivi sa première élection, ont rapidement fait place à des sentiments plus favorables. Les regrets de le voir quitter la direction du pays constituent même le sentiment qui domine aujourd’hui.

Plus de consommateurs

Et on le comprend. La Bourse du Brésil figure parmi les 10 plus performantes depuis 2002. En huit ans, elle a grimpé de près de 670%, une performance qui lui a offert son ticket d’entrée dans le club des 10 Bourses affichant les plus grosses capitalisations au monde. La valeur totale de toutes les entreprises cotées à la Bourse de Sao Paolo s’élève actuellement à 1.500 milliards de USD!

Au cours des huit années de la présidence de Lula, 29 millions de Brésiliens, sur les 190 millions d’habitants que compte le pays, sont sortis de la pauvreté, et sont des devenus des consommateurs. Dans l’indice Bovespa, celui qui suit les 68 principales entreprises brésiliennes cotées, le comportement de l’action du distributeur (chaussures, appareils et autres) Lojas America, illustre fort bien cette évolution. Elle est celle qui enregistre la meilleure performance entre 2002 et aujourd’hui, avec un bond de plus de 2.700%!

Croissance mondiale

Il convient toutefois d’apporter quelques petites nuances au mérite attribué à Lula. La politique économique qu’il a menée est loin d’avoir été le principal catalyseur de l’ascension de la Bourse de Sao Paolo. La croissance soutenue que connaissent depuis plusieurs années certains pays, comme l’Inde et la Chine en particulier, a constitué un moteur bien plus puissant encore pour la hausse des cours à Sao Paolo. Ce dont a profité à la fois l’économie brésilienne, largement dominée par les services, et le marché des actions où près de la moitié des valeurs cotées sont liées aux matières premières. Il n’est, dès lors, pas étonnant que des actions comme celles des sidérurgistes Usiminas (+2.200%), Sid Nacional (2.150%), Gerdau (+1100%) ou du producteur de minerai de fer Vale (+650%) suivent, mais à distance tout de même, les performances de Lojas America.

La rechute de l’indice Bovespa en 2008 apporte de l’eau au moulin de ceux qui prétendent que le thème de la croissance mondiale a été le plus profitable à la Bourse brésilienne ces dernières années. La crise financière de 2008, qui a entraîné la plupart des économies de la planète dans la récession, a fait craindre une chute brutale des exportations brésiliennes. L’indice Bovespa s’est effondré de 60% en à peine cinq mois.

Dépendance américaine

L’indice boursier s’est bien repris par la suite, sans parvenir toutefois à retrouver son niveau record de 73.516,8 points, atteint le 20 mai 2008. Il reste, depuis de nombreux mois, coincé sous la barre des 70.000 points.

Il faut reconnaître que les éléments ne manquent pas en ce moment pour lui couper les ailes. Parmi les plus importants, on retiendra la difficulté des Etats-Unis à retrouver une croissance économique digne de ce nom. Une situation dont souffre le Brésil, qui est le deuxième plus important partenaire commercial des USA. La hausse continue de la monnaie brésilienne, le real, face au dollar en particulier, est un autre élément qui affecte les exportations du pays. Embraer notamment, le troisième constructeur d’avion au monde en sait quelque chose. La "guerre des changes" que vient de déclarer la banque centrale du Brésil démontre à quel point le pays est affecté par la faiblesse du dollar.

Nouveaux records prévus

Pour autant, la success story de la Bourse de Sao Paolo ne semble pas encore arrivée à son terme, estiment nombre d’analystes. Pour justifier leur sentiment, ceux-ci épinglent notamment l’augmentation de capital historique que vient de réussir le géant pétrolier Petrobras. Pour assurer le développement de ses champs pétrolifères récemment découverts en mer, Petrobras a levé des fonds pour un montant de 70 milliards de USD. Cette opération l’a propulsé au 4e rang des plus grosses sociétés cotées au monde en termes de capitalisation boursière.

Dans une note publiée il y a huit jours, Goldman Sachs dit s’attendre à ce que l’indice Bovespa puisse monter de près de 30% pour atteindre la barre des 88.000 points d’ici la mi-2011. La banque le voit déjà atteindre les 78.000 points à la fin décembre 2010.

"De tous les pays ‘BRIC’, le Brésil est considéré comme le plus robuste. En excluant les entreprises de la distribution et celles actives dans le créneau des biens de consommation, les actions cotées à Sao Paolo sont sous-valorisées. Le Bovespa s’échange à 14,9 fois les bénéfices rapportés, contre 14,5 pour l’indice MSCI des marchés émergents", explique Goldman Sachs.

Le successeur probable du président Lula, Dilma Rousseff, son ancien chef de cabinet que les sondages donnent gagnante lors des élections de 3 octobre, semble rassurer les marchés. "Elle est censée assurer une continuité dans la politique menée jusqu’à présent par Lula", précise Goldman Sachs.

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