Le baril d'or noir à plus de 100 dollars

Ce seuil n'a plus été franchi depuis octobre 2008. En cause: les troubles en Egypte, un pays qui n'est pas un grand producteur de pétrole, mais bien un carrefour clé pour son transport.

Les prix du pétrole ont connu une nouvelle envolée lundi, le soulèvement populaire en Egypte ayant contribué à porter le baril à de nouveaux plus hauts depuis deux ans à New York et à Londres, à plus de 100 dollars.

Sur New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en mars a terminé à 92,19 dollars, pour un gain de 2,85 dollars (+3,19%). Il a atteint 92,84 dollars, son plus haut niveau depuis octobre 2008.

Dans le même temps, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a clôturé à 101,01 dollars sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,59 dollar, après avoir atteint 101,73 dollar, un niveau sans précédent depuis le 1er octobre 2008.

"De plus en plus, les spéculations vont bon train sur le fait de savoir si le canal de Suez va pouvoir maintenir son flux de trafic", a expliqué John Kilduff, d'Again Capital.

A l'ouverture du marché new-yorkais, les investisseurs avaient un peu repris confiance sur le fait que le pétrole allait pouvoir continuer d'être transporté via l'Egypte. Mais les inquiétudes ont rapidement repris le dessus, même si les médias officiels avaient rapporté que le canal fonctionnait "à pleine capacité".

Le rôle clé de l'Egypte

Petit producteur de brut, l'Egypte occupe toutefois une position-clé dans le transit du pétrole.
"Environ un million de barils par jour transitent par le canal de Suez, en provenance de la région du Golfe en direction de la Méditerranée. De plus, un oléoduc (le Sumed, ndlr) transporte 1,1 million de barils de brut par jour", ont expliqué les analystes de Commerzbank.

De plus, les craintes de voir les troubles se propager à d'autres pays producteurs plus importants persistaient, a rapporté Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.

L'Egypte a emboîté le pas à la Tunisie, et des manifestations ont été signalées dans d'autres pays de la région, comme en Algérie, qui est un exportateur de pétrole.

"Le marché se demande qui va émerger comme nouveau leader. S'ils sont vraiment anti-occidentaux ou anti-Israël, la prime (sur les prix) politique sera gonflée pour un long moment", a expliqué John Kilduff.

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