Le cri d'alarme du Bund

© Michele Tantussi

La crise de la dette a affecté une émission obligataire à dix ans de l'Allemagne, qui a rencontré mercredi une demande extrêmement faible.

L'Allemagne a lancé mercredi un emprunt obligataire jugé désastreux, faisant craindre à certains que la crise de la dette ne commence aussi à menacer la première puissance de la zone euro. Ceci alors que les dirigeants français et allemands divergent toujours sur ce que doit être une solution à long terme pour renforcer et mieux structurer la zone l'euro.     

Ce manque de succès de l'emprunt obligataire allemand à dix ans est "un signal d'alarme", a déclaré mercredi Ewald Nowotny, gouverneur de la Banque centrale européenne, cité par l'Agence de presse autrichienne (APA).     

→ Berlin n'a trouvé preneur que pour 3,644 milliards d'euros émis à dix ans alors qu'elle pensait récolter six milliards, en raison de la faiblesse du rendement proposé - 2% par an sur dix ans - si bien que la Bundesbank, la banque centrale allemande, a dû conserver le restant.    

"C'est un désastre complet, absolu", commente Marc Oswald, chez Monument Securities à Londres. "Cela n'augure rien de bon, c'est la pire des adjudications non couvertes que nous ayons eu cette année."  
 

Le rendement moyen de la nouvelle émission  à dix ans est ressorti une nouvelle fois en baisse, à 1,98%, contre 2,09% lors d'une adjudication similaire en octobre et 2,74% en moyenne cette année, a précisé la Bundesbank. Le ratio de couverture, qui mesure l'appétit des investisseurs, n'a atteint que 1,1, contre 1,56 en moyenne.     

Le responsable de l'agence allemande de gestion de la dette a estimé que l'insuccès de cette émission était principalement dû à la nervosité des marchés et n'était pas le signe d'une baisse de la demande des investisseurs pour la dette allemande.    

"Nous sommes actuellement face à des marchés extrêmement nerveux", a déclaré Carl Heinz Daube, directeur général de l'agence, dans des réponses écrites à des questions de Reuters. L'incertitude chez les investisseurs est importantes, a-t-il ajouté en soulignant que l'agence avait toute de même emprunté 270 milliards d'euros cette année.    

L'insuccès de l'opération "ne veut pas dire que le gouvernement a un problème de refinancement", a pour sa part déclaré un porte-parole du ministre des Finances Wolfgang Schäuble lors d'une conférence de presse.   
 
"Les Bunds commencent à perdre leur attrait parce que les marchés doivent commencer à croire à l'histoire des euro-obligations, et que l'Allemagne s'apprête, en substance, à garantir la dette d'autres pays", analyse Achilleas Georgolopoulos, pour la Lloyds Bank à Londres.     


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