Le dollar se consume face à l'euro

L'euro tenait mercredi le haut du panier de devises, grimpant même brièvement au-dessus de 1,40 dollar. Le billet vert fléchit depuis les commentaires de la Réserve fédérale américaine (Fed), apparemment prête à aider l'économie.

Vers 15h00, l'euro valait 1,3960 USD, contre 1,3918 dollar ce mardi vers 23h00. Les minutes de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine, publiées mardi, ont montré que la Fed penchait désormais pour une injection de liquidités. Selon le document, les dirigeants de la Fed se préparaient fin septembre à prendre des mesures de relance supplémentaires "sous peu".

"L'hypothèse la plus probable est que la prochaine étape sera le début de rachats d'actifs en novembre", notamment d'obligations, anticipe Mitul Kotecha, analyste chez Crédit Agricole CIB. Ainsi, "les minutes exposent le dollar à de nouvelles pertes", notait M. Kotecha. Et même si dans un premier temps le billet vert peut se stabiliser, il devrait reprendre sa chute au moment de la remise en marche de la planche à billets par les autorités américaines, une opération qui dilue la valeur de la monnaie.

"On peut légitimement se demander si ce n'était d'ailleurs pas l'objectif visé, la Fed cherchant à 'importer de l'inflation' en dévaluant sa devise",  commentait Didier Borowski, responsable de la stratégie taux, changes et volatitlié d'Amundi Asset Management. Les partenaires commerciaux des Etats-Unis ne sont pas prêts à supporter un nouvel affaiblissement du dollar car la plupart d'entre eux comptent sur les exportations pour soutenir leur économie.


La BCE devrait-elle désavouer sa monnaie?

L'euro a également progressé après une déclaration d'Axel Weber, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) et président de la Bundesbank, selon les analystes. M. Weber a suggéré mardi qu'il était temps d'envisager une sortie progressive des mesures d'aide exceptionnelles aux banques de la zone euro adoptées pendant la crise. Autrement dit, mettre fin au programme de rachats d'obligations et arrêter de temporiser le relèvement des taux d'intérêt.

"La BCE s'inquiète pour la stabilité de sa monnaie et elle envisage donc de retirer le montant réduit d'assouplissement quantitatif" expliquait Joseph Trevisani, analyste de FX Solution.


Au nom de la croissance mondiale


Européens et Américains font pression depuis des mois sur la Chine pour que celle-ci réévalue le yuan, surtout après que six banques chinoises aient demandé de relever leurs ratios de fonds propres. Perçue comme un moteur de la reprise mondiale, la croissance de l'économie chinoise pourrait accuser une perte de vitesse si les investisseurs boudent les investissements à risque.

Sans oublier que  " l’un des objectifs implicites des injections de liquiditésopérées par le groupe des quatrepays les plus industrialisés (G4) viseàfaciliter l’affaiblissement de leurs propres devises ", précise David Shairp, analyste de JPMorgan AssetManagement.

Mais le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a déclaré mardi qu'il n'y avait selon lui "aucun risque" de voir le monde se livrer à une guerre des monnaies et a redit qu'il croyait à la poursuite de l'appréciation de la devise chinoise.


Raisons impérieuses


Le yen baissait pour la première fois en cinq jours face à la devise européenne (114,56 yens contre 113,74 mardi soir). En tant que valeur refuge, la monnaie japonaise faiblit naturellement dès que les investisseurs éprouvent un regain d'intérêt pour les investissements à risque. Et rien pour l'instant ne permet de savoir si la politique monétaire de la BOJ aura un quelconque effet durable sur le yen.

Le Japon a de nouveau agi pour tenter de faire cesser la hausse du yen, qui handicape les exportations nippones, notamment face à son voisin, la Corée du sud. Mercredi, le Premier ministre Naoto Kan a appelé lors d'une session parlementaire la Chine et la Corée du sud à ne pas maintenir leurs devises artificiellement basses. Le Japon a prévenu mercredi que la Corée du Sud, présidente en exercice du G20, devrait s'expliquer sur sa politique d'affaiblissement de sa devise, lors d'un sommet le mois prochain à Séoul.

Comme le rappelait dernièrement Andreas Dombret,membre du directoire de la Bundesbank, " les interventions des gouvernements sur les taux de change ne se justifient que dans des cas exceptionnels: des mesures temporaires peuvent être tolérées si elles servent à rétablir le bon fonctionnement desmarchés ".


Vers 11h00, la devise helvétique baissait face à l'euro à 1,3381 franc suisse pour un euro, et se stabilisait face au billet vert à 0,9566 franc suisse pour un dollar; elle avait atteint 0,9545 franc suisse pour un dollar vers 08H40, un record.

La livre britannique se stabilisait face à l'euro à 88,08 pence pour un euro et montait face au billet vert à 1,5878 dollar, alors que le chômage a baissé de manière inattendue au Royaume-Uni sur les trois mois achevés en août.

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