Les doutes sur la reprise handicapent les Bourses

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La publication de statistiques décevantes sur la santé de l'économie mondiale a renforcé les inquiétudes des investisseurs sur la vigueur de la reprise. Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis sont montées à leur plus haut niveau depuis février. Le Bel 20 a résisté à la sinistrose grâce au bond de l'un de ses composants les plus lourds, AB InBev.

Au lendemain d'une lourde chute, les principaux indices européens ont poursuivi leur recul à l'ouverture, avant de repasser légèrement dans le vert. Mais l'essai n'a pas été concluant. Les principales Bourses européennes se sont à nouveau engouffrées dans la tendance baissière observée à Wall Street et à Tokyo. Les propos peu rassurants de Ben Bernanke sur la croissance américaine continuent de résonner dans les oreilles des investisseurs, qui craignent plus que jamais que le scénario redouté de la reprise en W ne soit en train de se réaliser.

D'autant plus que les dernières statistiques ne sont pas très rassurantes : aux Etats-Unis, les nouvelles inscriptions au chômage sont montées la semaine dernière à leur plus haut niveau depuis février, à 484.000. Une mauvaise surprise pour le marché qui tablait sur un chiffre de 465.000. En zone euro cette fois, c'est la production industrielle qui a déçu les analystes. Elle est repartie à la baisse en juin, de 0,1% comparé au mois précédent. Les analystes tablaient en moyenne sur une quatrième progression mensuelle d'affilée, de 0,5%.

En fin de séance, les Bourses européennes ont toutefois réduit leurs pertes. L'indice paneuropéen DJ Stoxx 600 est parvenu à repasser dans le vert avec une hausse de 0,10%, soutenu par la progression de 2,5% des groupes alimentaires dans le sillage des bons résultats publiés par le numéro un mondial de la bière AB Inbev. Le rebond a été freiné par la chute de 1,75% des groupes automobiles qui souffrent des perspectives économiques moroses.

Les places boursières européennes ont clôturé en ordre dispersé: le CAC 40 de la Bourse de Paris a reculé de 0,20%, l'AEX de 0,27% à Amsterdam et le DAX de 0,31% à Francfort. En revanche le Footsie a gagné 0,30% à Londres.

Bruxelles a bien résisté grâce au bond d'AB InBev (+5,37%). Le Bel 20 a gagné 0,40% pour repasser au-dessus des 2500 points à 2505,90 points. Comme hier, ce sont les financières et les valeurs cycliques qui ont pesé sur la tendance. Du côté des financières, Ageas a chuté de 2,80%, KBC de 2,12% et Dexia de 1,52%. Du côté des cycliques, UCB a chuté de 2,3%, Bekaert de 1,77% et Umicore de 1,5%.

La Bourse de New York a ouvert en nette baisse après l'annonce des mauvaises statistiques sur l'emploi mais les indices réduisaient toutefois leurs pertes en cours de séance. A la clôture des marchés européens, le Dow Jones cédait 0,37% et le Nasdaq 0,68%. Les marchés souffrent de la chute de 9,2% de Cisco au lendemain de l'annonce d'un chiffre d'affaires trimestriel et des prévisions inférieurs aux attentes du marché.

Sur le marché des changes, après avoir cédé 2,4%au dollar hier, l'euro est passé brièvement sous le seuil de 1,28 dollar, pour toucher un plus bas à 1,2781 dollar avant se de reprendre quelque peu. A la clôture des marchés européens, l'euro limitait son recul à 0,09% à 1,2852 dollar.

Recherché pour sa sécurité depuis les récentes déclarations de la Fed, le dollar s'est nettement renforcé face à l'euro cette semaine, considéré comme plus risqué. Mais encore plus que le dollar, c'est actuellement le yen, qui a atteint hier un plus haut depuis 15 ans face à la devise américaine, qui fait office de valeur refuge par excellence, "du fait des inquiétudes au sujet des économies américaine et européenne", a confirmé un courtier de Mitsubishi UFJ Trust and Banking.

En revanche, les craintes d'une reprise en W, soit d'une double-récession, torpillent les cours du pétrole. Le baril de Brent s'approche des 76 dollars à Londres.

STATISTIQUES

Zone euro

  • La production industrielle dans la zone euro est repartie à la baisse en juin, de 0,1% comparé au mois précédent. C'est une mauvaise surprise: les analystes interrogés par Dow Jones Newswires tablaient en moyenne sur une quatrième progression mensuelle d'affilée, de 0,5%.

USA

  • Les nouvelles inscriptions au chômage sont montées la semaine dernière à leur plus haut niveau depuis février, à 484.000. Une mauvaise surprise pour le marché qui tablait sur un chiffre de 465.000.

VALEURS A SUIVRE

  • AB InBev a enregistré un bénéfice net de 1,149 milliard de dollars au deuxième trimestre 2010 contre 1,071 milliard un an plus tôt, ce qui représente une hausse de 7% d'une période à l'autre. C'est plus que les estimations des analystes (1,08 milliard). Pour le reste de l'exercice en cours, AB InBev prévoit une croissance supérieure à celle des six premiers mois.
  • Dexia risque de perdre des millions à cause de la petite cité américaine de Bell, dans la banlieue de Los Angeles. Dexia a acheté en 2007 pour 35 millions de dollars d'obligations de Bell... mais la ville ne peut plus remplir ses obligations de remboursement.
  • GDF Suez : KBCS a revu à la baisse sa recommandation à "conserver" contre "acheter" auparavant, et son objectif de cours à 28 euros, contre 32.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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