"Les financières offrent le plus de potentiel"

©BELGA

A la lumière des résultats trimestriels, le chiffre d'affaires des sociétés européennes n'est pas en grande forme. Alors que la saison des publications se termine, qu'en est-il de nos entreprises belges? Nos sociétés cotées réservent des surprises mais il convient de prendre quelques précautions.

La saison des trimestriels européens touche progressivement à sa fin. Plus de 80% des entreprises du Stoxx 600 ont publié leurs résultats. La moitié a raté le consensus en terme de bénéfice et près des deux tiers ont fait état de chiffres d'affaires inférieurs aux attentes. Ces statistiques récoltées par Thomson Reuters StarMine ne s'avèrent pas catastrophiques. Mais, ces dernières semaines, l'abaissement des prévisions de bénéfice s'accélère.

La plupart de ces entreprises ont payé le tribut de leur exposition aux émergents. "Une région qui leur a bien réussi ces dernières années. Mais on a bien vu que depuis la première annonce de la Fed en mai 2013 d’un possible ‘tapering’, ces régions de croissance ont subi une décélération, et leurs devises se sont fortement dépréciées ", souligne Youry Huygen, de L’Investisseur.

Cas isolé?

Pour bon nombre des membres de l’indice vedette belge, l’exposition aux émergents ne pose pas de problème. "Pour un bon tiers des valeurs du Bel20, la diversification géographique se limite en grande partie à la Belgique ", poursuit notre collègue de L’Investisseur, "difficile donc de comparer des ‘belgo-belges’ comme Telenet et Belgacom avec des valeurs comme Telefonica et Deutsche Telekom". Mais, évidemment, en suivant le raisonnement, les valeurs cycliques déçoivent.        

Ensuite, beaucoup de membres du Bel 20 doivent encore publier leurs résultats. Sont notamment attendus les chiffres trimestriels de GDF Suez, Befimmo, Bekaert, KBC, Ackermans & van Haaren, Elia, D’Ieteren ou Colruyt. "Sur cette base, mais aussi celle d'une information parcellaire, parfois limitée au simple chiffre d'affaires, on ne peut pas tirer de conclusion globale, ni prévoir un éventuel rattrapage pour le dernier trimestre", explique Jean-Marie Caucheteux, directeur de la recherche chez Degroof.

 

"Les surprises s'équilibrent"

En général, les fruits de la reprise économique ne sont pas encore très visibles. Il n’y a pas à proprement parler de croissance généralisée des chiffres d’affaires. 

À ce titre, la tendance des résultats belges se révèle assez comparable à celle de l'Europe. "Les surprises positives et négatives s’équilibrent", remarque Patrick Casselman, de BNP Paribas Fortis. 

Si nos sociétés cotées parviennent à surprendre positivement, c’est généralement parce qu’elles ont continué à couper dans leurs coûts. " Ces surprises positives interviennent alors davantage au niveau des marges, comme pour AB Inbev, bpost ou Mobistar par exemple ",  cite l’analyste de BNPP Fortis.

 

"Les financières ont le plus de potentiel"

Au niveau sectoriel, les télécoms ont enregistré des performances meilleures qu’espérées mais certes aidées par des éléments non récurrents, comme le cas de Belgacom, ou des prévisions conservatrices, comme pour Mobistar, précise Jean-Marie Caucheteux, de Degroof.

Le redressement des résultats dans le secteur financier reste solide, à l’instar d’Ageas et de Delta Lloyd, note pour sa part Patrick Patrick Casselman. "Il est probable que cette tendance se poursuive encore lors du prochain trimestre". 

D’ailleurs, selon Morgan Stanley, les valeurs financières réservent le meilleur potentiel de hausse bénéficiaire sur les marchés européens. Alors que la rentabilité des capitaux propres (ROE) s'est stabilisée et commence même à s'améliorer, le niveau reste un niveau plancher par rapport à la situation d'avant-crise financière.

 

Gare aux effets de change

Pour le prochain trimestre, les analystes de Morgan Stanley ne s'étonneront pas de voir les sociétés européennes rater leurs objectifs à cause d’un effet de change défavorable. L'appréciation de l'euro face au dollar représente un réel risque baissier. Depuis novembre 2012, la monnaie unique s’est renchérie de 5,8% à 1,344 USD. Ce dont ne se plaindront pas les sociétés américaines…

 

 

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