Nyse Euronext/D Börse: divorce sans mariage

Le CEO de Nyse Euronext Duncan Niederauer (G) et Manfred Gentz président de Deutsche Boerse (©Andrew Gombert)

L'opérateur boursier NYSE Euronext a fait savoir qu'il enterrait son projet de fusion avec son homologue francfortois, Deutsche Börse. Mercredi, la Commission européenne avait confirmé le blocage du projet de fusion entre les deux entités, qui aurait pu donner naissance au plus grand opérateur boursier mondial.

NYSE Euronext a annoncé jeudi qu'il renonçait au projet de regroupement avec l'opérateur boursier francfortois Deutsche Börse, suite au blocage de la fusion décidé par la Commission européenne.

Mercredi, la Commission a parlé: l'Europe n'aura pas son champion boursier mondial. La fusion de NYSE Euronext et Deutsche Börse est perçue par l'exécutif européen comme un risque pour la concurrence. "L'interdiction a pour but de protéger l'économie européenne d'effets pervers d'une combinaison qui aurait pratiquement éliminé la concurrence effective dans le marché, avec des dommages significatifs pour les consommateurs", a souligné le commissaire Joaquin Almunia lors d'une conférence de presse.

En ligne de mire, les produits dérivés européens dont le super-groupe, s'il avait été formé, aurait contrôlé plus de 90% des transactions en Bourse à l'échelon international. Les entreprises et les institutions financières les utilisent pour gérer leurs risques financiers, a rappelé la Commission.

L'argument a été critiqué par les deux protagonistes. Dans son calcul, la Commission ne prend pas en compte l'immense part des transactions traitées de gré à gré, soit celles en dehors des marchés régulés. Un argument rejeté par l'exécutif européen. "Notre enquête a montré que les dérivés sur taux de change traités sur les marchés régulés et les dérivés traités de gré à gré sont simplement des produits différents", se défend Almunia, arguant que, pour les seconds, "les conditions et modalités juridiques et économiques sont établies en fonction des besoins", et non normalisées comme le sont les premiers.

Quant aux concurrents potentiels sur les marchés régulés, comme le Chicago Mercantile Exchange (CME), le commissaire rétorque: "Il n'y a aucune chance pour le CME ou aucun autre acteur d'exercer dans un avenir proche une quelconque pression compétitive sur les deux sociétés dans les produits concernés."

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