Pourquoi les sociétés vont relancer les Bourses

Les investisseurs institutionnels sont redevenus acheteurs à l’inverse des particuliers.

Le courtier Nomura a récemment publié une étude sur l’allocation d’actif des acteurs économiques européens.

"Le dernier trimestre a confirmé le changement dans l’allocation d’actifs des investisseurs en direction des marchés d’actions. L’exposition reste toutefois nettement en dessous des niveaux historiques. Les particuliers et les investisseurs institutionnels ont réduit la proportion des liquidités sur l’année écoulée, mais ils ne semblent pas encore prêts de revenir au niveau d’avant la crise en ce qui concerne leur exposition sur les marchés boursiers".

Nomura souligne également que c’est en Europe continentale que les ménages ont été les plus échaudés par la crise, et qu’il n’y a que le Japon parmi les grandes régions où la part des actions soit plus faible.

Relais des entreprises

"Seulement 25 % des actifs des ménages d’Europe continentale sont investis en actions, contre 35 % aux Etats-Unis et 39 % au Royaume-Uni, ce qui est 14 % en dessous des niveaux atteints entre 2000 et 2007, et 7 % en dessous de la moyenne depuis le milieu des années 90".

De leur côté, les investisseurs institutionnels de la zone euro sont redevenus acheteurs sur les marchés boursiers, et la proportion d’action se situe aujourd’hui à 35,5 %, contre 31,1 % en mars 2009. C’est aussi en-dessous de la moyenne historique (36,7 %) sur les 10 dernières années.

"Même s’il est possible que la proportion d’actions détenues par les investisseurs individuels et institutionnels n’est pas remontée jusqu’aux niveaux d’avant la crise, au vu des expériences traumatisantes vécues sur les 10 dernières années sur les marchés d’actions, nous pensons que les entreprises pourraient avoir un rôle actif pour combler le vide laissé par les autres classes d’investisseurs".

Liquidités disponibles

Nomura souligne que les dernières données disponibles démontrent que les entreprises ont été les plus grands acheteurs sur les marchés boursiers sur les quatre dernières années, avec près de 400 milliards de d’euros investis. "Les sociétés cotées détiennent d’importantes liquidités, ont généralement des bilans assainis, et leurs valorisations restent attractives. Nous pensons donc que le mouvement d’achat devrait se poursuivre, que ce soit par le biais de programmes de rachats d’actions propres ou par le biais d’une activité accrue au niveau des fusions-acquisitions. Nous avons par exemple constaté une reprise des rachats d’actions propres sur les dernières semaines en Europe continentale et au Royaume-Uni, à un rythme toutefois moins rapide qu’aux Etats-Unis".

Le courtier souligne en outre que les entreprises détiennent encore d’importantes liquidités prêtes à être investies. "En regardant le volume des comptes à terme, ils représentent 91,8 % de la capitalisation boursière européenne, ce qui est comparable au niveau atteint lors du plus bas atteint en 2003 à la fin du marché baissier. Même une légère modification dans l’allocation d’actif des entreprises pourrait avoir un impact considérable pour les marchés boursiers". Vers la fin du marché boursier haussier en 2007, les comptes à terme des entreprises représentaient environ 50 % de la capitalisation boursière. Il y a donc encore clairement un important réservoir à ce niveau-là.

et défensives

Même si le sentiment reste encore assez mitigé pour les investisseurs traditionnels, les entreprises pourraient être à l’origine du début d’un marché haussier pour les places européennes. Parmi le portefeuille d’actions européennes recommandées, Nomura inclut un grand nombre de groupes financiers (Santander, BNP Paribas, UBS, Unicredito, Aegon, Axa) et de valeurs défensives (Deutsche Telekom, Telefonica, RWE, Novartis). On y trouve également quelques valeurs plus cycliques, comme des minières (Anglo American, Rio Tinto), des groupes média (Reed Elsevier, Vivendi) ou des valeurs technologiques (SAP, Iliad, STMicroelectronics).

 

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