Quand la Chine dégrade la note des États-Unis…

L’agence de notation chinoise Dagong vient de s’offrir un beau coup de pub. Alors que les trois agences occidentales traditionnelles maintiennent la note "AAA" des États-Unis (même si Moody’s l’a mise sous perspective négative), Dagong a décidé de dégrader la dette souveraine de la première économie mondiale.

Née en 1994, cette agence avait fait sensation, en juillet 2010, en publiant un premier bulletin des dettes souveraines de 50 pays: les États-Unis s’y retrouvaient moins bien notés que la Chine ("AA" pour les premiers, "AA +" pour la seconde). Quelques mois plus tard, l’agence se cabrait face aux mesures de quantitative easing (assouplissement quantitatif) de la Réserve fédérale américaine et dégradait une première fois la note américaine à "A +". Cette fois, c’est l’adoption par le Capitole d’un nouveau plafond d’emprunt pour le gouvernement de Barack Obama qui rebute Dagong: aux yeux de l’agence, cette décision "n’a pas modifié la tendance générale d’une augmentation de la dette nationale qui surpasse la croissance de l’économie et des revenus".

Dagong dégrade ainsi la note américaine à "A" avec perspective négative. L’agence chinoise s’en prend également au plan d’assainissement budgétaire voté mardi: alors que Washington part sur des réductions de dépenses de 2.400 milliards de dollars sur dix ans, Dagong estime que "pour maintenir le volume d’endettement actuel, il est nécessaire que les États-Unis réduisent leur déficit d’au moins 4.000 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années".

L’agence de notation souligne en outre que l’intérêt et la sécurité des créanciers des États-Unis "ne sont pas garantis par les systèmes politique et économique [américains]". Dagong ose ainsi une critique peu voilée du système démocratique. Pour justifier la dégradation, l’agence s’en prend même directement à la négociation du compromis par les deux partis: "Ni le parti démocrate, ni le parti républicain n’ont montré la moindre considération pour l’intérêt général, se contentant de défendre leurs propres intérêts partisans."

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