Que faire face au blues de septembre?

Pour passer le cap sans trop de heurts, les stratégistes de JPMorgan recommandent les actions minières et les bancaires.

"En terme de performance boursière, le mois de septembre est traditionnellement celui qui affiche le plus mauvais bilan. Depuis le début des années 70, les Bourses européennes ont affiché un recul moyen de 1,7 % en septembre, contre une progression moyenne de 1 % pour les autres mois de l’année", soulignent les stratégistes de JP Morgan Cazenove. "De plus, alors que nous entrons dans ce mois délicat, des craintes de plus en plus vives s’expriment quant à vigueur du redressement économique, notamment en raison des mauvais indicateurs en provenance du marché de l’emploi aux Etats-Unis".

Ces incertitudes ont poussé les économistes de JP Morgan à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour l’économie américaine pour le second semestre 2010. En dépit de se contexte préoccupant, les stratégistes signalent que la valorisation des marchés européens ne reflète pas des attentes exagérées quant à la croissance économique. "Les décotes par rapport aux moyennes historiques restent particulièrement élevées".

Le cinquième élément

Les stratégistes de JP Morgan citent ensuite cinq éléments qui permettent de justifier le maintien d’une approche positive pour les Bourses du Vieux Continent, et d’acheter sur faiblesse les actions européennes. Premièrement, le niveau bas des taux européens devrait permettre à la croissance économique de rester dynamique, d’autant que les conditions d’octroi sont en train de se relâcher et que les défauts continuent de diminuer.

Deuxièmement, la crise de l’Europe périphérique est en train de se calmer. "Les taux obligataires espagnols ont retrouvé leur niveau du début 2010, tandis que les taux italiens sont en recul sur la même période. C’est un cas de figure qui aurait encore été impensable il y a seulement trois mois".

Troisièmement, les stratégistes notent que plusieurs grands pays (Etats-Unis, Chine, Japon) se sont récemment engagés dans des programmes visant à soutenir leur croissance.

Quatrièmement, certains indicateurs économiques donnent aujourd’hui des tendances de plus en plus positives. "La chute du Baltic Dry Index (un indicateur sur le transport maritime) avait augmenté la nervosité de nombreux investisseurs au deuxième trimestre. Or depuis le début de l’été, il est reparti très nettement à la hausse". Et des conclusions identiques peuvent être prises pour les prix de certaines matières premières.

Cinquièmement, les annonces de fusions/acquisitions se sont multipliées sur les dernières semaines, "et nous considérons traditionnellement que c’est un des éléments susceptibles d’apporter le plus de soutien aux marchés".

Nouveau leadership

"La performance des actions européennes a été nettement supérieure aux américaines sur le trimestre écoulé. Nous pensons que ce changement de leadership est important, notamment parce que l’Europe était perçue comme étant la principale zone à problèmes jusqu’il y a peu". Les stratégistes de JP Morgan Cazenove soulignent également que les indices européens ont précédé les marchés américains à plusieurs reprises sur les dernières années.

"Ils ont atteint leur sommet trois mois avant les américains durant l’été 2007. Le rebond des cycliques au début 2009 a également été anticipé par les groupes européens. Enfin, les places européennes ont cessé leur progression en janvier 2010, plusieurs mois avant Wall Street".

Au niveau sectoriel, JP Morgan recommande de privilégier les actions minières, qui devraient bénéficier de l’inflexion de la politique chinoise. Parmi les valeurs recommandées se trouvent essentiellement les grands groupes britanniques comme Anglo American, Xstrata ou Rio Tinto, ainsi qu’ArcelorMittal. Les grandes banques à réseau doivent également être détenues, en raison de leur valorisation faible, de la structure de la courbe des taux et du recul attendu des défaillances sur le portefeuille de crédits.

Avec une recommandation à "surpondérer", on retrouve des valeurs comme BNP Paribas, Société Générale, Unicredit ou encore HSBC.

 

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