Un semestre au-delà des espoirs

Les sociétés belges cotées ont signé des résultats supérieurs aux attentes. Surtout celles actives dans les régions émergentes, ou celles liées aux secteurs technologique et automobile.

Cette fois, les analystes sont à mille lieues d’avoir péché par excès d’optimisme. Les résultats que les entreprises viennent de publier au titre de leur premier semestre de 2010, ont souvent été supérieurs à leurs attentes. "Les chiffres sont incontestablement meilleurs que prévu pour une large majorité d’entre eux", affirme d’emblée Danny Van Quaethem, responsable de la recherche chez Société Générale Private Banking (Gand). Son de cloche assez proche chez KBC Securities, où Wouter Vanderhaeghen, responsable de la recherche pour les marchés européens, relève que "les bilans semestriels sont supérieurs aux attentes pour deux tiers des sociétés du Bel 20".

Bekaert époustoufle

Autant les analystes que les gestionnaires, tous sont unanimes pour affirmer que les chiffres de Bekaert sont ceux qui ont le plus impressionné. En même temps que ses ventes consolidées qui ont crû de 28 %, le bénéfice par action du groupe de tréfilerie basé à Courtrai a filé de 2,24 euros au premier semestre de 2009, pour atteindre 9,15 euros. Soit un bond de 308 %!

D’autres groupes connaissent des performances bien supérieures en termes de croissance à celles de Bekaert. Outre Agfa-Gevaert, Barco et Deceuninck qui ont renoué avec les bénéfices, Solvay a vu les siens s’envoler de 890 % et Umicore de 500 %!

Affaires émergentes

Pourquoi les chiffres de Bekaert sont-ils ceux qui ont le plus surpris? Pour la bonne raison qu’ils confirment la régularité avec laquelle les dirigeants du groupe nous ont habitués depuis plusieurs années à pousser leurs résultats à la hausse. Et ceux enregistrés au cours des six premiers mois de cette année sont d’autant plus remarquables, que les affaires ont évolué, comme le précisent les responsables de Bekaert, "dans des marchés volatils".

Depuis 2000, le profit par action a toujours été au-dessus de 4 euros. "C’est incroyable!", s’exclame Danny Van Quaethem. "Cela démontre, dit-il, que les investissements stratégiques réalisés il y a quelques années, rapportent. Bekaert a été porté par le thème émergent dont un nombre très restreint de sociétés cotées à Bruxelles a bénéficié". Pour Van Quaethem, "s’être installé à temps dans les régions émergentes dans le monde est la clé en ce moment pour voir les chiffres grimper". "C’est vrai, reconnaît aussi Wouter Vanderhaeghen, que les résultats de Bekaert sont surprenants, rappelant que les attentes du marché étaient déjà élevées".

Cela dit, les résultats de Solvay ne déméritent pas, même si leur envolée résulte pour une bonne part de la plus-value engrangée sur la cession de la branche pharma. "Ils font partie des bilans semestriels qui m’ont surpris", commente Van Quaethem, séduit par la santé vigoureuse du secteur des plastiques (60 % des ventes). "Le carnet de commandes est bien rempli, les taux d’utilisation sont élevés, ce qui conduit à des marges plus importantes", indique-t-il.

Les technos de la partie

Présents dans des pays comme le Brésil, la Thaïlande ou encore l’Argentine, Solvay profite, comme Bekaert, de la forte croissance des régions émergentes dans le monde.

Les ventes en volumes faites en Amérique latine et en Asie-Pacifique (40 % du total du groupe) ont également alimenté la croissance des résultats du brasseur AB InBev. Parmi les sociétés à avoir souligné les bonnes affaires réalisées sur les marchés émergents, on trouve encore Ageas et Agfa-Gevaert.

Par contre, les entreprises actives aux USA ont eu moins de bonheur, à l’instar de Delhaize Group. A quelques exceptions toutefois: les sociétés technologiques Agfa-Gevaert et Barco. ont précisé avoir plutôt bien presté en Amérique du Nord.

Automobile

Un autre thème qui a donné du tonus aux affaires réalisées par certaines sociétés belges, c’est celui de la forte activité constatée dans le secteur de l’automobile dans la première partie de 2010. Il a concerné en premier lieu le spécialiste bruxellois dans les services à l’automobile, D’Ieteren. Mais également Melexis, le spécialiste des semi-conducteurs pour l’industrie automobile, Umicore, leader mondial dans l’activité pots catalyptiques, Solvay et Bekaert.

Recticel, qui livrera ses chiffres mardi prochain, devrait tout logiquement avoir bénéficié de cette thématique.

Prévisions pour la fin 2010

Les performances réalisées au 1er semestre par les entreprises cotées à Bruxelles présagent-elles celles des mois à venir? Les prévisionnistes hésitent à l’affirmer. Cela dépendra du comportement de l’euro qui a dopé les exportateurs, ainsi que de l’évolution des économies vers lesquelles les entreprises belges exportent. "Bien sûr, explique Vanderhaeghen, Bekaert restera une histoire de croissance. Il ne faut cependant pas s’attendre à un taux de croissance du gabarit de celui du 1er semestre, alors que le 2e trimestre 2009 était déjà élevé".

Dans ses prévisions pour les mois à venir, Umicore indique ne pas exlure "un ralentissement de la croissance dans le secteur automobile". Chez EVS et Barco notamment, les carnets de commandes sont bien fournis. Ce qui, malgré des marges sous pression, constitue un facteur encourageant dans la mesure où ils offrent des perspectives positives pour le second semestre. "Dans l’ensemble, je pense quand même que le second semestre ne sera pas mauvais", conclut Van Quaethem.

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