Au tour de Milan de faire trembler les marchés

La Bourse de Milan a plongé de 4,27% ce jeudi, les rumeurs d'une prochaine dégradation de sa note par S&P ravivant plus que jamais les craintes d'une contagion de la crise grecque. Les indices européens ont accéléré leurs pertes en fin de séance, à nouveau plombés par la chute des valeurs financières. A Bruxelles, le Bel 20 a lâché 1,86% et se situe donc à son plus bas niveau depuis le 8 février dernier, alors qu'Ageas, avec une chute de plus de 10%, est à son plus bas niveau depuis un an.

Bruxelles (L’Echo) – Si les rumeurs de dégradation de note ont touché hier l'Espagne, c'est aujourd'hui l'Italie qui a été victime du même type de spéculation. Dans les salles de marché, il se dit que l'agence de notation S&P s'apprêterait à revoir la note souveraine italienne. S&P n'a pas souhaité commenter cette rumeur. En attendant, l'Italie a révisé en hausse sa prévision de dette à 118,4% du PIB en 2010. Et l'indice de référence de la Bourse de Milan a plongé de 4,27%.

Dans son sillage, la Bourse de Lisbonne a rendu 2,37% et Madrid 2,93%. En revanche, l'Athex de la Bourse d'Athènes a clôturé en hausse de 0,89%, une modeste avancée au vu de sa chute de 10% au cours des deux séances précédentes.

L'indice paneuropéen DJ Stoxx 600 a rendu 1,46%. Le CAC 40 a reculé de 2,2%, le DAX de 0,84%, le Footsie de 1,52% et l'AEX de 1,39%. L'indice sectoriel des banques européennes a plongé de 4,4%, entraîné à la baisse par les chutes des banques italiennes. Unicredit a plongé de 11%, Montepaschi de 7,6%. Le secteur européen des assurances a rendu 2,8%.

A Bruxelles, le Bel 20 a touché son plus bas niveau depuis le 8 février 2010, avec un recul de 1,86% à 2.401 points. Il n'a pas pu lutter contre la dégringolade de ses valeurs financières. En première ligne, Ageas (ex-Fortis) a plongé de 10,5% à 1,86 euro. C'est son niveau le plus bas depuis juste un an. L'action a plongé de 20% depuis lundi. Dexia a reculé de 5,83% à 3,57 euros, soit 14% en trois séances. KBC a plongé de 16% depuis lundi, avec son recul de 5,83% enregistré ce jeudi. L'action cote sous les 30 euros, à 29,7 euros.

Les marchés n'ont donc pas trouvé de réconfort dans les commentaires de la BCE qui a décidé, sans aucune surprise, de garder son principal taux directeur inchangé à 1%.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a affirmé lors d'une conférence de presse qu'un défaut de la Grèce n'était pas envisageable. Mais ceci n'écarte pas l'éventualité d'une restructuration de la dette grecque, et c'est actuellement ce qui grippe le marché, tout comme les risques de contagion de la crise à la zone euro. D'ailleurs, le taux à 10 ans des obligations grecques continue de grimper, il a encore pris 78 points de base depuis hier et tourne autour des 10,9%, un nouveau record. Sans surprise, ceux de l'Italie ont également bondi, mais dans une moindre mesure. Les taux longs de l'Italie affichent 4,28%, soit une hausse de 23 points par rapport à mercredi.

Au sujet de la reprise économique en zone euro, Jean-Claude Trichet a fait preuve de prudence, en affirmant que le niveau d'incertitude restait élevé et que la relance serait modérée en 2010. Il prévoit cependant une amélioration au printemps.

Sur le marché des changes
, l'euro a encore accentué ses pertes face au dollar, touchant un nouveau plus bas depuis mars 2009, alors que la contagion de la crise grecque menace toujours au sein de la zone euro. A 18h, l'euro valait 1,2697 dollar contre 1,2810 dollar mercredi soir.

STATISTIQUES

Etats-Unis

  • Les nouvelles inscriptions aux chômage ont baissé pour la troisième semaine de suite aux Etats-Unis, mais moins que prévu, avec le dépôt de 444.000 demandes d'allocations entre le 25 avril et le 1er mai.
  • Les gains de productivité des entreprises aux Etats-Unis ont été plus forts que prévu au premier trimestre, atteignant 3,6% en rythme annnuel.
  • Intervention du président de la Fed, Ben Bernanke, sur l'évaluation des tests de résistance des institutions financières (15h30)



Allemagne

  • Les commandes à l'industrie allemande ont bondi de 5% sur un mois en mars, selon des chiffres publiés jeudi, dépassant largement les attentes à la faveur d'une demande vigoureuse à la fois dans le pays et à l'export. Les analystes interrogés par Dow Jones Newswires attendaient seulement un mieux de 1% sur un mois.


VALEURS

  • GBL a enregistré un bénéfice net de 20 millions d'euros au premier trimestre 2010, contre une perte de 314 millions d'euros lors de la même période en 2009. Le résultat reflète l'amélioration de la contribution nette des entreprises associées de GBL, à savoir Lafarge (13,5 millions d'euros), Imerys (13,8 millions) et Ergon Capital Partners (5,1 millions).

 

  • Umicore : FIL Limited (Fidelity International) a informé la CBFA et Umicore qu’au 29 avril 2010 sa position était tombée sous le seuil réglementaire de 5% en détenant 4,89% des actions et des droits de vote de la société Umicore.

  • Telenet : les analystes de HSBC ont abaissé leur avis à "neutre" sur la valeur

 

  • Fluxys : KBC Securities a abaissé son objectif de cours à 2.500 euros contre 3.000 euros avant. L'avis passe à "conserver" contre "accumuler" avant.

 

  • Quest for Growth : KBC Securities a relevé son objectif de cours sur la valeur à 5,50 euros contre 5,25 euros avant. L'avis passe à "acheter" contre 'accumuler" avant.

 

  • RHJ International : la Banque Degroof a relevé son avis sur la valeur à "acheter" contre "accumuler" avant. L'objectif de cours est de 6,15 euros.

 

  • Retail Estates : la sicafi spécialisée dans l'immobilier commercial localisé en périphérie des villes a acheté récemment 16 immeubles commerciaux et 2 immeubles de PME, déboursant 24,87 millions d'euros. Les 20.000 mètres carrés acquis génèrent un loyer annuel de 1,77 million d'euros, pour un rendement brut de 7,11%. Elle a également augmenté, en deux temps, son capital de 7,92 millions d'euros en tout.

 

  • Mobistar :lors de son assemblée générale, Mobistar a confirmé ses perspectives. Pour l’exercice en cours, le management continue, malgré un 1er trimestre meilleur qu’attendu, à viser en 2010 un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros identique aux revenus 2009. Si l’acquisition des activités de KPN Business (ex-Versatel) ouvre des perspectives de croissance, 2010 sera marqué par un fort impact régulatoire : si l’IBPT normalise sa proposition de réduire les tarifs de terminaison que touche le groupe (de 9,02 à 4,1 cents par minute), le chiffre d’affaires serait réduit de 67 millions d’euros en 2010.

 

  • Oncométhylome a vu son chiffre d’affaires diminuer au premier trimestre. De 688.000 euros en 2009, celui-ci s’est arrêté à 634.000 euros au 31 mars 2010. Le management explique ce recul par " une diminution des recettes de subvention ". Le résultat opérationnel (EBIT) s’est de son côté accru de 23% en raison d’une baisse de 21% des coûts opérationnels. L’EBIT reste cependant négatif avec une perte de 2,4 millions d’euros. Du côté de la trésorerie disponible, les montants sont passés de 26,4 millions d’euros en 2009 à un peu plus de 16 millions.

isabelle.dykmans@lecho.be

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