General Electric entraîne les marchés dans sa chute

©REUTERS

Le conglomérat industriel General Electric (GE) a enregistré au premier trimestre un bénéfice net en repli et abaissé sa prévision de résultat pour l'ensemble de l'exercice 2008. Cette annonce a eu un impact négatif sur les principales places du Vieux Continent qui ont clôturé à l'unanimité dans le rouge vendredi. Même constat à Wall Street.

Photo: le CEO de General Electic, Jeff Immelt (Reuters).

(afp)- Le conglomérat General Electric, baromètre de l'économie américaine, a publié vendredi des résultats décevants et revu à la baisses ses prévisions, imputant cette déconvenue au ralentissement aux Etats-Unis et à une conjoncture exceptionnelle sur les marchés financiers.

GE a enregistré au premier trimestre un bénéfice net en repli de 6%, à 4,304 milliards de dollars, selon un communiqué diffusé par l'entreprise. Son bénéfice par action s'est affiché nettement en-deçà des anticipations du marché, à 43 cents, alors que les analystes prévoyaient 51 cents.

Le groupe a abaissé sa prévision de bénéfice par action pour l'ensemble de l'exercice 2008, tablant désormais sur une fourchette comprise entre 2,20 et 2,30 dollars, contre 2,42 dollars "au moins" annoncés en janvier.

40 milliards en fumée


Le marché a très mal réagi à ces annonces, l'action GE abandonnant 11,02% dans les échanges électroniques préalables à l'ouverture de la Bourse de New York, faisant s'envoler 40 milliards de dollars de capitalisation.

Le PDG Jeff Immelt a indiqué que l'abaissement des prévisions intervient "à la lumière de ce que nous avons vu au premier trimestre" et "réflète une économie ralentie et implique que les marchés financiers demeureront difficiles". "Le consommateur américain a réduit ses dépenses", a-t-il dit.

Les bourses européennes, bien orientées avant la publication des résultats du groupe, repartaient dès lors à la baisse, devant cette confirmation de leurs craintes sur l'état de la première économie mondiale.

GE est présent dans toute une gamme d'activités, allant de la construction de locomotives et de moteurs d'avions, aux turbines électriques, au matériel médical et à l'électroménager, en allant jusqu'à la télévision et les services financiers. Le groupe est ainsi bien placé pour évaluer l'état de l'économie.

"Accident de parcours"

"Nous sommes déçus par ces résultats", a reconnu M. Immelt, qui a néanmoins qualifié ce trimestre "d'accident de parcours". Le recul des bénéfices est essentiellement attribuable à l'activité de services financiers, dont les profits ont baissé de 21%. "Nous savions que le premier trimestre serait difficile, mais les perturbations extraordinaires sur les marchés financiers en mars ont affecté la finalisation de cessions d'actifs et occasionné des dépréciations d'actifs plus importantes", a-t-il ajouté.

Le PDG a notamment insisté sur les deux dernières semaines du trimestre, qualifiées de "très difficiles après le début de la saga Bear Stearns", banque qui a frôlé la faillite avant d'être rachetée par sa consoeur JPMorgan. Le groupe a notamment indiqué avoir passé des dépréciations d'actifs à hauteur de 270 millions de dollars.

"Le problème ne vient pas des dépréciations"

M. Immelt a néanmoins tenu à distinguer la situation de GE de celles des grands établissements financiers qui se sont vus contraints de passer des dépréciations d'actifs massives. "Le problème ne vient pas des dépréciations", a-t-il affirmé. "Elles sont faibles", a-t-il ajouté.

Alors qu'il anticipait déjà un "environnement difficile", M. Immelt avait confirmé, mi-janvier, les prévisions du groupe, affirmant que GE devait être perçu "comme un groupe fiable, même pendant les périodes difficiles".

"Ce n'est pas dans les habitudes de GE de manquer ses objectifs de résultats", a souligné Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com. "C'est un signe lancé aux marchés que le ralentissement de la progression des résultats est bien réelle", a-t-il ajouté.

"Nous ne comptons pas sur une amélioration générale" des conditions d'activité du groupe, a insisté M. Immelt, qui a néanmoins estimé que "le groupe va bien se comporter, même avec une économie américaine ralentie".

Si le groupe a payé, ce trimestre, sa diversification dans les services financiers, il a, en revanche, bénéficié de la dimension internationale de ses activités.
GE a ainsi affiché une croissance de 22% hors des Etats-Unis.

"Nous ne voyons pas de ralentissement hors des Etats-Unis", a indiqué M. Immelt.

 

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés