Krach minute, jeudi à Wall Street

La Bourse de New York a fini en nette baisse jeudi face aux craintes exacerbées sur les dettes européennes, après un accès de panique qui a donné lieu à une dégringolade historique du Dow Jones: l'indice a finalement abandonné 3,20% et le Nasdaq 3,44%.

L’indice Dow Jones a soudainement décroché à  moins de deux heures de la clôture. En quelques minutes à peine,  il s’était affalé sous la barre des 10.000 points, à 9.869,62 points.

Par rapport à la clôture de la veille, le Dow Jones avait perdu, au pire moment de la séance,  998,50 points, soit  de 9,19%, avant de remonter. Au moment de la cloche, il avait ramené ses pertes à 3,20% à 10.520,32 points.  Pour leur part, le Composite du Nasdaq a fini en recul de 3,44% à 2.319,64 points, et le S&P 500 a de 3,22% à 1.128,15 points.

Wall Street a ainsi signé son plus fort recul en points en une seule séance depuis le crise boursière de 1987.

A l’origine de ce mouvement brutal, des ventes de panique alimentées par la crise  financière grecque, mais aussi par une série de transactions erronées, selon le porte-parole de Nyse Euronext. Le plongeon historique de Wall Street jeudi aurait été déclenché par une erreur d'un employé de la banque américaine Citigroup, qui aurait confondu millions et milliards en passant un ordre, selon les chaînes de télévision américaines CNBC et Fox Business News.
Selon la chaîne CNBC, citant plusieurs sources anonymes, un trader de Citigroup aurait tapé par erreur "milliards" au lieu de "millions" en passant un ordre sur des actions Procter and Gamble, une valeur-phare de l'indice Dow Jones.
"Citi dit qu'ils sont en train d'enquêter", auraient déclaré ces sources à CNBC.
L'opérateur de marché voulait en fait passer un ordre sur des contrats à terme liés à l'indice SP 500 et non sur Procter and Gamble, croyait savoir un journaliste de Fox Business News, Ken Sweet, sur Twitter.
Interrogée par l'AFP, Citigroup n'a pas confirmé. "A l'heure actuelle, nous n'avons aucune preuve que Citi ait été impliquée dans une transaction erronée", a indiqué la banque américaine

 

Environnement financier trouble

"Tous les yeux sont en fait aussi tournés vers l'Europe", a résumé Samarjit Shankar, de la banque BNY Mellon. "Les investisseurs sont inquiets du risque de contagion" de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro. Les marchés avaient espéré  secrètement qu’à l’issue de sa réunion, la Banque centrale européenne (BCE) annoncerait de nouveaux moyens pour rassurer sur le sujet des difficultés de la Grèce. Mais ils sont restés sur leur faim, alors que le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, n’a abordé que des généralités en parlant d’inflation et de masse monétaire notamment, selon des commentaires entendus sur les marchés.

De son côté, l’euro avait chuté jusqu’à 1,2529 USD, avant de revenir à 1,2626 USD.  Profitant de ces soubresauts, l’once d’or a bondi de  22,3 USD à 1.197,30 USD.

 Enfin, sur les marchés du pétrole, les prix ont dégringolé pour la troisième séance d'affilée à New York, sur fond bien-sûr de nouvel accès de panique des marchés financiers vis-à-vis des difficultés budgétaires de la zone euro. Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude",  pour livraison en juin, a terminé à 77,11 dollars, en chute de 2,86 dollars par rapport à la veille. Sur les trois dernières séances, il accumule un plongeon de 9,08 dollars, soit 10,5%.

A Londres, sur l'InterContinentalExchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique avait abandonné 2,78 dollars à 79,83 dollars.

M.C.

 

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