La BoJ a laissé la porte ouverte à d'autres relèvements de taux

La Banque du Japon (BoJ) a exclu de procéder à des hausses de taux d'intérêt consécutives, tout en laissant la porte ouverte à d'éventuels nouveaux relèvements dans les mois à venir, selon les minutes de la réunion de politique monétaire des 13 et 14 juillet rendues publiques mercredi.

C'est au cours de cette réunion que les neuf membres du comité de politique monétaire de la BoJ avaient, à l'unanimité, aboli la politique de taux zéro en vigueur depuis plus de cinq ans et relevé le loyer de l'argent à 0,25%. D'après les minutes, un membre du comité a souligué que cette hausse historique "ne devrait pas être considérée comme une mesure pour refroidir une économie en surchauffe, mais pour soutenir la croissance économique en réduisant la volatilité de l'activité et des prix sur le long terme". Insistant sur la nécessité de communiquer de façon claire avec les marchés, "certains membres ont dit qu'il était important que la Banque évite de donner l'impression qu'elle est en train de se dépêcher de relever les taux".

"L'un de ces membres a dit que la Banque devrait éviter de donner l'impression qu'elle allait mener des hausses de taux successives comme la Réserve fédérale" américaine, qui a relevé le loyer de l'argent 17 fois d'affilée avant de marquer une pause en août, poursuivent les minutes. "La banque devrait expliquer plus clairement à ce stade qu'elle ajustera graduellement le niveau des taux", a insisté un membre. Mais le comité n'a pas non plus complètement écarté la possibilité de relever à nouveau les taux d'intérêt dans les mois à venir. "La Banque devrait aussi expliquer que sa démarche dépend des développements de l'activité économique et des prix" afin de "ne pas restreindre indument la conduite future de la politique monétaire", a précisé le même membre.

Dans les semaines qui ont suivi la réunion, plusieurs membres du comité, y compris le gouverneur Toshihiko Fukui, ont insisté sur le fait que d'autres hausses de taux sont possibles d'ici la fin 2006, contrairement à ce qu'avaient cru dans un premier temps une majorité d'économistes. Lors de sa réunion des 10 et 11 août, le comité de politique monétaire a entretemps laissé le taux inchangé à 0,25%. Mais la plupart des analystes s'attendent désormais à ce qu'il finisse l'année à 0,50% au moins. Les minutes rendues publiques mercredi indiquent également que les représentants du gouvernement au comité de politique monétaire, dont la voix n'est que consultative, se sont opposés à la hausse du 14 juillet. "Comme il n'existe actuellement aucune crainte d'inflation, le gouvernement estime qu'il est important que la Banque du Japon continue à soutenir fermement l'économie du point de vue financier, et considère aussi qu'elle ne doit pas nécessairement se hâter de mettre fin aux taux d'intérêt zéro", a ainsi déclaré le représentant du ministère des Finances, Kazuyoshi Akaba.

Enfin, une dissension est apparue au sein du comité concernant le taux Lombard, qui a été porté de 0,1% à 0,4%. Trois membres (Miyako Suda, Atsushi Mizuno et Tadao Noda, nommé en juin dernier) ont voté contre, estimant que le taux devait être rehaussé davantage, jusqu'à 0,5%. Le taux Lombard, officiellement appelé "taux des prêts de base", est celui auquel les banques privées peuvent toujours emprunter de l'argent à la BoJ au cas où un accroissement brusque de la demande de fonds ferait s'envoler le taux au jour le jour bien au delà du niveau souhaité par la banque centrale (0,25%). M. Noda a notamment argué qu'un taux des prêts de base trop bas "pourrait gêner la formation naturelle des taux d'intérêt sur le marché" car les institutions financières risquent, dans ce cas, d'avoir trop souvent recours au mécanisme Lombard plutôt qu'au marché interbancaire classique.

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