La FED craint des retombées de la crise grecque

La crise grecque pourrait "affecter directement l'économie des Etats-Unis", a estimé lundi un des dirigeants de la banque centrale américaine (Fed), Dennis Lockhart.

(AFP) La crise grecque pourrait "affecter directement l'économie des Etats-Unis", a estimé lundi un des dirigeants de la banque centrale américaine (Fed), Dennis Lockhart.
"Je vois trois façons dont la crise grecque pourrait affecter directement l'économie des Etats-Unis", a déclaré M. Lockhart lors d'un discours à Naples, en Floride, dans le sud-est des Etats-Unis.


"Premièrement, si des pays de l'Union européenne devaient prévoir des ajustements à des problèmes d'ordre budgétaire, cela pourrait entraver la croissance de la zone euro et les exportations américaines vers cette région", a dit M. Lockhart, rappelant que les vingt-sept pays de l'Union européenne étaient, pris dans leur ensemble, le premier débouché pour les produits américains.

Deuxièmement, si la crise provoque un mouvement de refuge des capitaux sur le dollar au détriment de l'euro, l'appréciation du billet vert qui pourrait en découler risquerait de "nuire à la compétitivité des exportations américaines", a ajouté M. Lockhart, selon le texte de son discours distribué à la presse.


"Le troisième point est la possibilité que la crise budgétaire grecque débouche sur un grand choc des marchés financiers. Cela pourrait se manifester dans le système bancaire ou sous la forme d'un mouvement de retrait général [des investisseurs] du marché de la dette des Etats", a-t-il ajouté.


M. Lockhart est le premier dirigeant de la Fed à témoigner ouvertement de craintes aussi fortes sur la situation financière de l'Etat grec.
Il a par ailleurs estimé que les Etats-Unis devraient connaître une croissance économique "d'environ 3%" en rythme annuel au premier trimestre, après celle de 5,9% notée au dernier trimestre de 2009 selon la dernière estimation officielle disponible (devant être révisée vendredi).
Les autorités d'Athènes font face depuis plusieurs mois à une crise budgétaire sans précédent pour le pays.
"La tragédie grecque à laquelle nous assistons avec un tel intérêt devrait rendre encore urgent le besoin qu'il y a de reconnaître ici aux Etats-Unis la nécessité d'élaborer une voie crédible vers la viabilité budgétaire", a jugé M. Lockhart, président de l'antenne de la Fed à Atlanta, dans le sud-est des Etats-Unis.


"La montée de la prise de conscience publique des graves déséquilibres budgétaires du pays devrait retentir comme un appel à l'action", a-t-il ajouté.


La Maison Blanche prévoit que le déficit budgétaire des Etats-Unis atteindra sur l'exercice 2009-2010 (qui s'achèvera fin septembre) la somme inouïe de plus de 1.555 milliards de dollars, du fait des efforts de relance économique du gouvernement, effaçant le record de plus de 1.415 milliards de dollars constaté l'année précédente.
Le président américain Barack Obama a promis de s'attaquer à la réduction du déficit, dès l'année suivante.

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