Le dollar recule

Le dollar a nettement reculé vendredi face à l'euro et à la livre, le nombre décevant de créations d'emplois aux Etats-Unis compromettant un peu plus une dernière hausse des taux d'intérêt américains en août, alors qu'ils ont été relevés jeudi en zone euro et en Grande-Bretagne.

L'euro a dépassé vendredi 1,29 dollar pour la première fois depuis le 6 juin, progressant jusqu'à 1,2909 dollar.

Quant à la livre, dopée depuis la veille par la hausse des taux de 4,50 à 4,75% en Grande-Bretagne, elle a touché face au dollar son meilleur niveau depuis seize mois, à 1,9109 dollar.

La cause de ce fléchissement du billet vert a été la publication du rapport mensuel sur l'emploi américain. L'économie américaine n'a créé que 113.000 emplois en juillet, contre des attentes moyennes de 145.000.

Or ce chiffre était très attendu pour déterminer les perspectives monétaires américaines à court terme, auxquelles l'évolution du billet vert est étroitement liée.

La Réserve fédérale américaine (Fed) doit annoncer mardi prochain si elle relève ou non son taux d'intérêt directeur, pour l'heure fixé à 5,25%.

Le dilemme actuel de la Fed est caractérisé par une économie en ralentissement d'une part - ce qui justifierait une pause monétaire - et une inflation persistante d'autre part - ce qui inciterait plutôt l'institut monétaire à un dernier tour de vis.

Pour la plupart des investisseurs, la faiblesse du marché de l'emploi pourrait bien avoir finalement raison d'une hausse des taux en août.

"C'était la dernière donnée importante avant la réunion de la Fed, et elle va renforcer le camp de ceux qui comptent sur une pause monétaire" aux Etats-Unis, a commenté Audrey Childe-Freeman, économiste à la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC).

Certains restent d'avis que la Fed relèvera une dernière fois les taux. Mais comme le reconnaît Paul Ashworth, économiste chez Capital Economics et tenant de cette hypothèse, "c'est une opinion désormais minoritaire".

Du reste, même si tel était le cas, le dollar ne bénéficierait que d'un sursis, selon des opérateurs.

"Une dernière hausse des taux ne changera pas la tendance. Le fait est que le cycle de resserrement monétaire américain touche à sa fin", argumentait Marios Maratheftis, économiste chez Standard Chartered.

Parallèlement, les taux en zone euro et en Grande-Bretagne restent sur la pente ascendante. La Banque centrale européenne a relevé son taux directeur à 3% jeudi, et les économistes estiment qu'il pourrait atteindre 3,5% fin 2006 ou tout début 2007.

Les investisseurs en quête de rendements avantageux pour leurs placements vont être de plus en plus nombreux à tourner le dos au billet vert, fragilisant le dollar. Sans pour autant risquer leurs fonds dans des pays émergents où les rendements sont très bons, mais non sans risque, ils investiront plus volontiers en zone euro ou en Grande-Bretagne.

Sur le cours euro/livre, c'est la devise britannique qui est d'ailleurs la mieux placée, grâce à des taux plus atttrayants. Elle a atteint vendredi un plus haut depuis huit mois face à l'euro, à 0,6751 livre pour un euro.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés