Les Bourses d'Asie et l'euro toujours dans la tourmente

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La tempête continuait à faire rage vendredi sur les Bourses d'Asie et la monnaie européenne restait sous pression face au dollar, sur fond de craintes de contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro et dans la foulée d'une chute historique de Wall Street.

(afp) - La tempête continuait à faire rage vendredi sur les Bourses d'Asie et la monnaie européenne restait sous pression face au dollar, sur fond de craintes de contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro et dans la foulée d'une chute historique de Wall Street. Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro devaient se retrouver vendredi en sommet extraordinaire à Bruxelles, les ministres des Finances du club de grands pays industrialisés du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) ont annoncé la tenue d'une conférence téléphonique dans la journée sur la crise de la dette grecque.
La monnaie unique européenne, qui avait atteint jeudi son plus bas niveau depuis mars 2009 face au billet vert à 1,2523 dollar, remontait légèrement mais restait sous pression vendredi lors des échanges en Asie. Vers 06H10 GMT un euro valait 1,2686 dollar, contre 1,2644 jeudi vers 20H00 GMT.
Le ministre japonais des Finances, Naoto Kan, a exclu des mesures concertées du G7 pour redresser l'euro. "Je ne pense pas qu'il y aura de demande d'intervention" lors de la conférence téléphonique, a-t-il déclaré.
Alors que les télévisions du monde entier diffusaient en boucle les images d'affrontements entre policiers et manifestants à Athènes, les marchés d'Asie ont poursuivi leur net recul entamé la veille.
A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei des valeurs vedettes a dégringolé de 3,10% en clôture, cumulant une perte de plus de 6% en deux jours.
"La raison de la chute, tout le monde la connaît: la Grèce. Le marché prend en compte la possibilité que le problème grec s'étende à l'Espagne et au Portugal", a expliqué Hideaki Higashi, analyste chez SMBC Friend Securities.
La chute de Tokyo était amplifiée par la rapide ascension ces derniers jours face à l'euro du yen, traditionnelle valeur-refuge par temps de crise, un phénomène qui pénalise lourdement les exportateurs japonais. Des valeurs comme Sony, Panasonic ou Nintendo ont dévissé de plus de 5%.
L'euro affichait toutefois un timide redressement vers 06H05 GMT et s'échangeait pour 117,33 yens, contre 114,49 yens à 20H00 GMT la veille.
Prenant les devants, la Banque du Japon (BoJ) a injecté vendredi 2.000 milliards de yens (17,4 milliards d'euros) dans le système bancaire du pays, afin de tenter de rassurer les investisseurs. C'est la première fois depuis décembre que la BoJ prend une mesure d'urgence de ce type.
La plupart des autres marchés d'Asie connaissaient également une journée mouvementée. A 05H25 GMT, Bombay lâchait 1,04%, Jakarta 1,74%, Séoul 1,62%, Sydney 1,22%. Les pertes étaient plus limitées à Shanghai (-0,89%), Hong Kong (-0,70%) et Singapour (-0,68%).
Jeudi soir à New York, l'indice Dow Jones avait terminé en recul de 3,20% et le Nasdaq de 3,44%. Le Dow Jones a même enregistré la plus forte chute en points de son histoire en cours de séance (-998,50 points), un incident que plusieurs chaînes de télévision américaines ont attribué à une erreur d'un courtier. Les autorités boursières ont annoncé une enquête.
Une nouvelle montée au créneau du président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet n'a guère contribué à calmer les esprits.
"Le Portugal n'est pas la Grèce, l'Espagne n'est pas la Grèce", a insisté M. Trichet, assurant qu'un défaut de paiement de la Grèce était pour lui "hors de question". Une porte-parole du Fonds monétaire international (FMI) a renchéri en affirmant que ce n'était "pas une option".
Dans un autre registre, la livre britannique a atteint un plus bas depuis plus d'un an vendredi matin, victime de la perspective d'un parlement sans majorité absolue alors que le dépouillement des votes continuait après les élections législatives de jeudi au Royaume Uni.
A 05h30 GMT, la livre cotait 1,4597 dollar, un plus bas depuis le 28 avril 2009, alors qu'il semblait clair que les Conservateurs, pourtant nettement en tête des suffrages, ne parviendraient pas à obtenir la majorité absolue.

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