Les dissensions en Europe affolent les marchés asiatiques

Les Bourses asiatiques chutaient vendredi dans le sillage de Wall Street, toujours plombées par les déficits budgétaires en zone euro et les dissensions de l'Union européenne sur la gestion de la crise.

(afp) - La principale place financière de la région, Tokyo, a clôturé sur une chute de 2,45%.
Les autres Bourses asiatiques étaient aussi dans le rouge, bien que plus modérément: Sydney a terminé en recul de 0,26%, Shanghai abandonnait 0,64% et Taipei 2,51% vers 06H30 GMT.
La Bourse de Hoong Kong était frmée vendredi.
La veille, le Dow Jones à New York avait chuté de 3,60% et les principales Bourses européennes de quelque 2%.
"Cette saga de la zone euro tourne au film d'horreur de série B. Vous pensez que le monstre est mort, mais il revient à chaque fois !", a ironisé Joshua Tan, économiste à Phillip Securities cité par Dow Jones Newswires.
Il a ajouté que les banques commençaient "à hésiter à se prêter de l'argent entre elles".
Entraînée par les problèmes budgétaires de la Grèce et d'autres pays de sa zone, la chute rapide de l'euro a effrayé les opérateurs, qui craignent des répercussions dommageables sur le système financier.
L'euro est remonté depuis jeudi sur fond de rumeurs d'interventions des banques centrales pour enrayer sa baisse. La monnaie unique cotait 1,2570 dollar vendredi vers 06H30 GMT, contre 1,2482 dollar la veille à 21H00 GMT.
Mais l'agitation demeure. Après l'inquiétude sur la dette, puis sur la croissance européenne, ce sont les dissensions du Vieux continent qui angoissent.
L'Allemagne a semé le trouble en interdisant certaines ventes à découvert à nu, notamment sur les emprunts d'Etat de la zone euro, afin de lutter contre la spéculation. Mais sa décision a provoqué la cacophonie, plusieurs dirigeants européens lui reprochant d'avoir agi sans concertation.
A Tokyo, l'indice Nikkei a clôturé à 9.784,54 points, au plus bas depuis presque six mois. "Si le Nikkei descend à 9.500 points, cela sonnera l'alarme d'une possible crise financière", a prévenu Kazuhiro Takahashi, gérant de titres à Daiwa Securities.
La Banque du Japon a voulu rassurer en annonçant qu'elle allait prêter davantage aux banques, à taux préférentiel et sur un an, afin de détendre les conditions d'accès au crédit.
Mais l'institut d'émission a jugé que "la santé budgétaire de quelques économies européennes" faisait peser un risque pour la reprise économique.
La force du yen préoccupe aussi la deuxième économie mondiale, car elle réduit les profits des exportateurs du Japon et pourrait y menacer la reprise. Le dollar cotait autour de 90 yens vendredi contre plus de 93 yens il y a quelques semaines, et l'euro 113 yens contre plus de 130 yens.
Le ministre japonais des Finances Naoto Kan a dit "surveiller les marchés de sorte qu'il n'y aura pas de hausse excessive du yen" mais assuré toutefois qu'il n'y avait "pas pour l'heure de mesures concrètes programmées" pour affaiblir la devise nationale.
Signe que les soucis européens inquiètent bien au-delà des frontières du Vieux continent, le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner se rendra en Grande-Bretagne et en Allemagne la semaine prochaine pour des discussions sur la crise de la dette.
"Je ne crois pas que la zone euro soit en risque d'exploser", a pourtant assuré le directeur-général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. "En revanche, je pense que le risque c'est qu'elle tourne mal, qu'elle fonctionne mal".
Des propos tenus alors que des syndicats se mobilisent, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Athènes et plusieurs milliers à Madrid contre les mesures d'austérité de leur gouvernement.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés