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Les incertitudes sur l'aide à la Grèce ravivent les inquiétudes

Les incertitudes entourant la Grèce sur sa capacité à payer son énorme dette ont de nouveau semé le trouble mardi sur les marchés financiers, à la veille de l'arrivée d'une équipe du Fonds monétaire international (FMI) à Athènes.

(afp) - L'euro, qui oscille depuis le début de l'année au rythme des difficultés économiques d'Athènes, a plongé mardi à un plus bas depuis le 26 mars, à 1,33 dollar contre 1,35 dollar la semaine dernière.

Le différentiel entre l'emprunt grec et l'emprunt allemand, qui est la référence sur le marché obligataire européen, a atteint de son côté un plus haut depuis fin janvier. En clair, la Grèce doit aujourd'hui payer deux fois plus cher que l'Allemagne pour emprunter sur les marchés, sans que la situation ne s'améliore, bien au contraire.

En cause, des rumeurs indiquant qu'Athènes souhaitait revoir le plan de sauvetage annoncé par l'Union européenne le 25 mars, qui ont encore aggravé la situation et agité les marchés.

Ce plan d'aide, très attendu par la communauté financière, est censé permettre à la Grèce de pouvoir emprunter, en dernier ressort, auprès des autres pays européens et du FMI.

Or mardi, la presse rapportait qu'Athènes souhaitait mettre hors jeu le Fonds parce que celui-ci poserait des conditions drastiques pour lui octroyer des éventuels prêts.

"La situation grecque revient sur le devant de la scène, pesant sur la confiance, notamment vis-à-vis de l'euro"
, a commenté Stuart Bennet, analyste au Crédit Agricole CIB.

Ces rumeurs ont été démenties par le ministre des Finances Georges Papaconstantinou. "Il n'y a jamais eu d'action de notre part pour modifier les termes du récent accord européen sur le mécanisme de soutien" à la Grèce, a-t-il assuré dans un communiqué.

Or, la Grèce a besoin au total de près de 54 milliards d'euros en 2010, dont 20 milliards d'euros qui doivent être levés d'ici à fin mai, pour rembourser sa dette publique estimée à 300 milliards d'euros. Le déficit public grec atteint aussi des niveaux record: plus de 12% du Produit intérieur brut (PIB), soit quatre fois supérieur au seuil (3%) autorisé par le Pacte de stabilité de l'Union européenne.

C'est dans ce contexte que des équipes du FMI débarquent mercredi à Athènes, à la demande du gouvernement, pour conseiller le pays, notamment en matière budgétaire. Le FMI devrait notamment mettre l'accent sur la rigueur budgétaire et la lutte contre la fraude fiscale.

"Le fond du problème est qu'on a un pays qui doit mener une politique très sévère, avec des baisses de salaires nominales" et une réforme de l'administration fiscale, a déclaré René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis. Or, "le marché se dit que ce n'est pas tenable", a indiqué le stratégiste.

"Quelle est la viabilité du plan d'austérité proposé par le gouvernement grec ? Et quel est l'engagement de l'Europe associée au FMI pour soutenir la Grèce en cas de gros problème ? Quand on entend les dirigeants européens s'exprimer, on n'a pas l'impression que leur engagement soit énorme...", ajoute encore cet analyste.

La Grèce a annoncé la semaine dernière son intention d'emprunter des dollars. Selon le quotidien britannique Financial Times, M. Papaconstantinou va surtout se rendre aux Etats-Unis après le 20 avril pour démarcher d'éventuels investisseurs. Il veut les convaincre que la Grèce est un marché émergent à fort potentiel, pour pallier un manque d'intérêt pour les obligations grecques en Europe, selon ce journal.

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