Les marchés désespérés par la désunion en zone euro

Un nouvel accès de panique s'est emparé des marchés dans l'après-midi. Les indices ont perdu jusqu'à 4%, avant de réduire leurs pertes en fin de séance. En cause, les tiraillements dans la zone euro provoqués par le solo de l'Allemagne et les propos alarmistes tenus pas Angela Merkel.

Bruxelles (L’Echo/afp) – Les Bourses européennes ont terminé en nette baisse ce jeudi, plombées par les valeurs minières et industrielles. Le DJ Stoxx 600 a perdu 2,23%, le DAX 2,02%, l'AEX 2,05% et le Footsie de 1,65%. A Bruxelles, le Bel 20 a rendu 1,91% à 2.386 points. A la clôture européenne, Wall Street reculait de près de 3%. L'euro, qui avait enregistré mercredi sa plus forte hausse de l'année, est reparti à la baisse. Il s'échangeait à 1,23 dollar environ.

Les marchés européennes avaient pourtant ouvert en hausse, consolidant même leurs gains dans les premiers échanges. Mais l'inquiétude sur les incohérences affichées par les dirigeants de la zone euro a finalement repris le dessus, selon des opérateurs.

L'Allemagne a semé le trouble en décidant d'interdire, jusqu'en mars 2011, les ventes à découvert à nu concernant les emprunts d'Etat de la zone euro, certains CDS (des couvertures contre le risque de faillite d'un pays ou d'une entreprise) et dix actions du secteur financier outre-Rhin. Plusieurs fois suspendues sur les grandes Bourses mondiales, ce type de transactions ont souvent été montrées du doigt depuis le début de la crise financière.

Avec cette interdiction, l'Allemagne entend plus précisément enrayer les mouvements spéculatifs mis en évidence par la crise de la dette grecque. Mais, en faisant cavalier seul, Berlin a avant tout inquiété des marchés excessivement nerveux depuis près de deux semaines. Le patron de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, s'est étonné de cet unilatéralisme allemand, contribuant à la cacophonie européenne.

"Une fois de plus, on assiste à un manque de discours coordonné de la part de l'Eurogroupe. Or, dans la période actuelle, ce n'est pas bon", avait relevé mercredi soir Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

  • L'opérateur de la Bourse de Francfort, Deutsche Börse, s'est désolidarisé de cette décision. "Une interdiction des ventes à découvert peut dégrader la qualité du marché et accroître le coût des liquidités", a-t-il souligné, condamnant également le manque d'unité en Europe.

 

  • La France s'est également montrée réservée. L'Autorité des Marchés Financiers, gendarme de la Bourse français, a mis en doute l'efficacité de cette interdiction, cependant que la ministre des Finances Christine Lagarde qualifiait de "discutables" les modalités de celle-ci. "C'est une mesure qui doit être prise en concertation" au niveau européen, a regretté Mme Lagarde. La ministre française a en outre contredit la chancelière Angela Merkel qui avait estimé mercredi que l'euro était "en danger".

BOURSE DE BRUXELLES

Le Bel 20 a reculé de 1,91% à 2.386 points. Les valeurs industrielles ont été, comme en Europe, matraquées. Umicore a reculé de 4,98% et Bekaert de 4,06%. Le secteur financier a également été sous pression : Ageas a rendu 4,87%, KBC 3,64% et Dexia 2,14%.

Seul Belgacom a terminé dans le vert, avec un petit gain de 0,38% à 25,10 euros. Delhaize a également bien résisté. Le titre n'a perdu que 0,17% à 65,86 euros, après avoir évolué dans le vert la majeure partie de la séance. Le titre profitait d'un relèvement d'objectif de cours d'ING.

Hors indice, Tigenix a plongé de 11,16% à 1,91 euro. Les analystes de KBCS ont abaissé leur objectif de cours sur la valeur à 2,5 euros, contre 4 avant.

STATISTIQUES

USA

  • Les nouvelles inscriptions au chômage sont reparties en hausse aux Etats-Unis pour la première fois en cinq semaines, selon des chiffres publiés jeudi par le département du Travail à Washington. Selon le ministère, 471.000 nouvelles demandes d'allocations chômage ont été déposées du 9 au 15 mai, soit 5,6% de plus que la semaine précédente (en données corrigées des variations saisonnières).
  • L'indice composite des indicateurs économiques américains, censé donner une idée de l'évolution de la conjoncture aux États-Unis dans les six mois à venir, a reculé en avril pour la première fois depuis mars 2009, a indiqué jeudi le Conference Board. L'indice a reculé de 0,1% par rapport au mois précédent, indique un communiqué de cet institut de conjoncture privé
  • L'activité manufacturière autour de Philadelphie (Nord-Est des Etats-Unis) continue de s'accélérer, et plus que prévu, selon l'enquête du mois de mai publiée jeudi par l'antenne locale de la banque centrale (Fed), dont l'indice est monté à 21,4.


ALLEMAGNE

  • Les prix à la production en Allemagne ont augmenté en avril plus rapidement que prévu, en raison notamment de la hausse des prix de l'énergie, selon des données publiées mardi par l'Office fédéral des statistiques (Destatis). Sur un mois, les prix à la production ont grimpé de 0,8%. Les analystes interrogés par Dow Jones Newswires attendaient une hausse de 0,6%. Les prix à la production ont également connu leur première hausse sur un an depuis février 2009: ils ont grimpé de 0,6%.


JAPON

  • La croissance japonaise s'est accélérée au premier trimestre grâce à une demande intérieure revigorée, mais la reprise reste suspendue à des exportations à l'avenir incertain. Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a augmenté de 1,2% entre janvier et mars, soit 4,9% en rythme annuel, son quatrième trimestre consécutif de croissance après avoir enduré du printemps 2008 au printemps 2009 sa pire récession depuis 1945, dans le sillage de la crise économique mondiale.


ESPAGNE

  • Le Trésor espagnol a émis jeudi pour 3,52 milliards d'euros d'obligations à 10 ans, soit un peu plus que le maximum attendu de 3,5 milliards d'euros, alors que l'Espagne est sous pression du marché en raison de craintes pour la situation financière du pays. "Ca s'est très bien passé", a déclaré un porte-parole du gouvernement. Le Trésor espérait lever de 2,5 à 3,5 milliards d'euros. Mardi, il n'avait pas atteint ses objectifs d'émissions de bons à 12 et 18 mois, plaçant pour 6,435 milliards d'euros, sous la barre des 6,5 milliards d'euros attendus.


VALEURS

Delhaize
ING a relevé son objectif de cours à 78 euros contre 71 euros avant. L’avis reste à " acheter ".

Thenergo
Thenergo a annoncé ce jeudi que la clôture de la vente de Leysen à Van Gansewinkel Groep est reportée de deux semaines afin de permettre la levée des clauses suspensives. La vente de Leysen à Van Gansewinkel Group continuera comme prévu.

Galapagos
L’entreprise biotechnologique démarre une étude clinique sur la molécule GLPG0492. Cette molécule est un médicament potentiel contre une maladie causant la perte de poids et la perte de masse musculaire.

Spadel
Au premier trimestre de 2010, le groupe Spadel a enregistré un chiffre d'affaires relativement stable par rapport aux chiffres affichés pour la même période il y a un an. Le groupe a maintenu son chiffre malgré un léger recul de ses ventes (-2,6%).

Atenor
Le mot d’ordre reste la " prudence ". Dans sa déclaration intermédiaire pour le premier trimestre, la société immobilière juge nécessaire de poursuivre " prudemment le développement de ses projets en portefeuille face à l’incertitude persistante de l’évolution des marchés immobiliers et plus particulièrement du marché locatif de bureau ".

Le développeur immobilier a par ailleurs indiqué qu’il s’attendait à recevoir un permis pour le projet " Premium " ces prochaines semaines. Enfin, il a indiqué être en négociation avancée pour vendre sa participation de 40 % dans le projet " South City Office Fonsny ".

Movetis
Movetis a entamé la dernière phase d'étude pour l'utilisation de son médicament le Resolor par des patients atteints de constipation. Le potentiel de patients potentiels a été porté à 8 millions contre 6 millions jusqu'ici. D'ici fin 2012 ou début 2013, Movetis attend les résultats d'une étude à grande échelle (plus de 500 patients).

Tigenix
La société TiGenix, active dans les technologies biomédicales, recherche un partenaire aux Etats-Unis pour le développement du ChondroCelect, et ce en raison d'investissements nécessaires pour des tests supplémentaires requis par la FDA.
Par ailleurs, l'entreprise fait état d'une position cash nette de 18,7 millions d'euros au 31 mars 2010, contre 22 millions lors de la même période en 2009. Le cash est important pour les biotechs car elles doivent financer leurs activités de recherche.

Gimv
La société d'investissement GIMV renoue avec les bénéfices. L’entreprise a enregistré un bénéfice net de 117,5 millions d'euros lors de l'exercice 2009-2010, contre une perte de 322,3 millions au cours de la période précédente. Les actionnaires recevront un dividende brut de 2,4 euros par actions (1,8 euro net). C'est ce qui ressort d'un communiqué de presse diffusé ce jeudi avant Bourse.

VPK Packaging
Paiement du dividende

Devgen
La société Devgen a lancé son nematicide Enclosure sur le marché américain. Le produit sera provisoirement utilisé uniquement pour la lutte contre les nématodes lors de la culture des arachides.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés