'Un défaut de la Grèce est hors de question'

Jean Claude Trichet

La BCE n'a pas pris de nouvelles mesures pour redonner un semblant de quiétude aux marchés. "Les gouverneurs de la Banque centrale européenne n'ont pas discuté l'option d'acheter des obligations d'Etat pour soutenir les pays de la zone euro en difficulté budgétaire", a affirmé Jean-Claude Trichet. Les Bourses ont réagi négativement à cette annonce.

Reuters - La Banque centrale européenne n'a pas évoqué la possibilité d'acheter des obligations souveraines et son président n'a pas davantage donné d'indications sur d'autres mesures éventuelles.

Réuni à Lisbonne, le Conseil des gouverneurs de la BCE a comme prévu maintenu à 1,0% le taux de refinancement, son principal taux directeur, pour le 12e mois consécutif.

Mais lors de la conférence de presse qui a suivi, c'est surtout sur la Grèce qu'a été interrogé Jean-Claude Trichet.
Prié de dire si le conseil avait débattu de l'achat d'obligations souveraines, le président de la BCE a répondu : "Je dirais que nous n'avons pas discuté de cette option".

Alors que les marchés s'interrogent sur d'éventuels nouveaux outils que la BCE pourrait utiliser pour venir en aide à la Grèce, les analystes considèrent les achats d'emprunts d'Etat comme l'arme la plus efficace qui reste à la disposition de la banque centrale.

L'euro a chuté sous 1,27 dollar pendant la conférence de presse, son niveau le plus faible depuis 14 mois, et les rendements des obligations à deux ans ont touché un plus bas historique.

Jean-Claude Trichet a exclu l'hypothèse d'un défaut de la Grèce sur sa dette et a ajouté que la décision de la BCE concernant les seuils de colatéraux de la dette grecque reflétait le sérieux du plan de redressement économique d'Athènes.


Expansion modérée

Il n'a donné aucune indication sur un retrait progressif des mesures de soutien aux liquidités prises par la BCE pour soutenir les liquidités.
Les mesures non conventionnelles sont encore là pour les opérations à une semaine et à un mois, a-t-il dit en l'espèce.

S'agissant des opérations à trois mois, il n'est pas dans l'intention de la BCE qu'elles s'effectuent à des taux de plus de 1%, a-t-il ajouté.
Sans surprise, l'analyse économique de la BCE n'a pas changé par rapport à la réunion d'avril.

La banque centrale s'attend à la poursuite d'une expansion modérée en 2010 mais avertit que la croissance risque d'être irrégulière et fait état d'incertitudes toujours élevées.

Sur le front des prix, la BCE estime que les pressions inflationnistes à la hausse dans l'économie mondiale ne menacent pas la stabilité des prix dans la zone euro mais note des risques liés à l'évolution des cours des matières premières.

"Les anticipations d'inflation à moyen et long termes demeurent solidement ancrées à un niveau compatible avec l'objectif du Conseil des gouverneurs de maintenir l'inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme", selon la déclaration lue par Jean-Claude Trichet au début de sa conférence de presse.

Le taux d'inflation dans la zone euro était de 1,5% le mois dernier, selon l'estimation publiée le 30 avril par Eurostat.

Le président de la BCE a par ailleurs indiqué que le Conseil des gouverneurs considérait le niveau actuel des taux comme étant approprié, signe qu'aucun changement n'est à attendre de ce côté-là dans l'immédiat.

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