Wall Street finit de nouveau en nette baisse, incapable de rebondir

La Bourse de New York a encore fini en nette baisse vendredi, toujours accablée par les problèmes de dettes souveraines en Europe et incapable de trouver matière à rebondir dans les chiffres de l'emploi américain: le Dow Jones a perdu 1,33% et le Nasdaq 2,33%.

(AFP) - Selon les chiffres définitifs de clôture, le Dow Jones Industrial Average a lâché 139,89 points à 10.380,43 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 54,00 points à 2.265,64 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a quant à lui fléchi de 1,53% (17,27 points) à 1.110,88 points.

"La journée a été une extension de la séance chaotique d'hier", a constaté Andrew Fitzpatrick, de Hinsdale Associates.

Le marché s'est montré incapable de se remettre de la séance de jeudi, terminée en baisse de plus de 3% pour les trois principaux indices et marquée par une chute brève mais vertigineuse dans l'après-midi.

"Le doute s'est ancré sur la crise des dettes souveraines qui se répand en Europe, et personne ne semble avoir de réponse concrète", a expliqué M. Fitzpatrick.

Les quelques tentatives du marché pour remonter à l'équilibre en cours de séance ont vite été submergées par la pression baissière, dans un climat de nervosité et de volatilité exacerbées.

Toujours très attendu mais un peu éclipsé cette fois-ci par les problèmes européens et l'agitation de jeudi, le rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-unis a "manqué de confiance", selon Mace Blicksilver.

"S'il n'y avait pas la crise grecque, avec les chiffres de l'emploi, on serait en hausse de 5% ou 6%. Ce sont les chiffres qu'on attendait depuis deux ans", a toutefois noté Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.

Le rapport a mis en évidence 290.000 créations nettes d'emplois par rapport à mars, alors que la moyenne des prévisions tablaient sur le chiffre de 187.000, mais le taux de chômage a augmenté à 9,9%.

"Il y a beaucoup de confusion parmi les investisseurs. Tout le monde estimait que les choses s'amélioraient et cela a fonctionné pendant les 15 derniers mois. Ils sont maintenant confrontés à la réalité du fait que le meilleur du rebond puisse être derrière nous", a avancé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.

En quatre séances, le Dow Jones a décliné de presque 7%.

Le marché obligataire s'est aussi replié. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans est monté à 3,429% contre 3,398% jeudi soir et celui du bon à 30 ans à 4,280% contre 4,165% la veille.

L'action Kraft

L'action Kraft Foods s'est distinguée au sein du Dow Jones, terminant en forte hausse après la publication des résultats du géant alimentaire dans un marché très nerveux qui a clôturé sur une nette baisse.

Le bénéfice net de Kraft Foods a doublé sur un an au premier trimestre à 1,188 milliard de dollars, des résultats meilleurs qu'attendu qui ont poussé le titre en hausse de 2,94% à 30,07 dollars.

Il y a "un fossé énorme entre la perception des investisseurs sur le potentiel de croissance de Kraft et ce que Kraft peut en fait offrir", ont souligné les analystes de Credit Suisse, qui s'attend à voir le groupe rattraper son retard de valorisation sur ses concurrents.

"La plupart des investisseurs voient Kraft comme une société à croissance zéro", mais la croissance des ventes principales a atteint 4% au premier trimestre, ont-ils ajouté.

Seules trois valeurs au sein de l'indice vedette ont fini dans le vert. Le secteur technologique a été particulièrement sanctionné car il est "considéré comme un secteur risqué qui surperforme dans les bonnes périodes en temps meilleur et, inversement", sous-performe en périodes difficiles, selon Andrew Fitzpatrick, de Hinsdale Associates.

Au sein du Dow Jones, le fabricant d'ordinateurs Hewlett-Packard a abandonné 3,31% à 46,73 dollars, et l'équipementier télécoms Cisco 2,90% à 24,74 dollars.

L'assureur AIG (+5,31% à 38,70 dollars) a lui aussi profité de résultats meilleurs que prévu, avec un bénéfice net de 1,45 milliard contre une perte un an plus tôt.

Le numéro un mondial des centres commerciaux, Simon Property (+0,94% à 85,68 dollars) a retiré son offre de rachat sur son concurrent en faillite General Growth Properties (-11,17% à 14,07 dollars), qu'il disputait depuis plusieurs mois à Brookfield Asset Management.

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