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LECTURE: La bible Dracula. Dictionnaire du vampire

Rédigée par Alain Pozzuoli, spécialiste de l’œuvre de Bram Stoker, cette bible Dracula (publiée aux éditions du Pré aux Clrecs) dresse un portrait exhaustif de cette figure immortelle de l’imaginaire collectif. Ce volumineux volume offre ainsi des centaines d’entrées possibles pour découvrir ce mythe du vampire. De la saine lecture à quelques semaines de l’ouverture du festival du film fantastique de Bruxelles. Sang pour sang testée positive.

(l’écho) – Après un retour en force effectué en 2009, le vampire poursuit sa lancée sur la vague du succès médiatique. Cette fois, il bénéficie d’un traitement de faveur avec une bible qui passe en revue tous les aspects du mythe.
Comment expliquer ce succès qui entoure ce personnage ? Comme le souligne Alain Pozzuoli, « Dracula est sans doute la créature qui stimule le plus notre imaginaire. Tour à tour machiavélique, diabolique, pathétique, solitaire, dangereux, séduisant, troublant, il n’en finit pas de dérouler pour nous la palette infinie des sentiments humains. Il est le symbole de nos peurs et de nos inhibitions les plus secrètes. Dracula est une sorte de Dieu inversé. Gothique pour les uns, moderne pour les autres, ce vampire-là est de tous les temps, passés, présents et à venir. ».
Et quel plus hommage pouvait-on rendre à Bram Stoker que celui offert par le maître du fantastique H.P. Lovecraft : « la réussite la plus fameuse de Stoker réside dans son fameux Dracula, devenu un symbole, pratiquement standardisé, du mythe vampiresque. »


De A comme absinthe à Z comme Zoltan le chien sanglant de Dracula (film d’Albert band, 1978), le dictionnaire ne manque pas de curiosités. Il constitue sans doute l’ouvrage le plus exhaustif en langue française.

On prend un réel plaisir à piocher dans les entrées pour découvrir des anecdotes inédites ou des rencontres avec des personnages originaux. De fiction ou bien réels. Comme la princesse Alexandra Caradja, descendante de la lignée de Vlad Tepes. Hasard du destin, la princesse est décédée au printemps 1997. Un siècle après la parution du roman Dracula. Etonnant non ? Et qui se souvient encore que la principale source d’inspiration de Bram Stoker pour son œuvre majeure n’était autre que le roman de Joseph Sheridan le Fanu, Carmilla, publié 26 ans avant Dracula.
Le dictionnaire permet aussi de retrouver tous les endroits liés de près ou de loin au mythe. Comme le château de Bran (Roumanie) où Vlad Tepes alias Dracula est censé avoir vécu. A Exeter, l’une des villes les plus fréquentées par les fantômes, se trouvait l’agence de Jonathan Parker tandis qu’à Whitby, les habitants se souviennent avec effroi du récit du débarquement du comte venu en Angleterre à bord du bateau fantôme, l’Exeter.
La littérature et le cinéma ne sont pas oubliés avec des entrées pour les acteurs restés dans la légende comme Bella Lugosi, Peter Cushing ou le grand (au propre comme au figuré) Christopher Lee. Selon l'ouvrage, plus de 500 films ont été tournés sur le thème du vampire.
Enfin, il serait malvenu de passer sous silence les annexes qui proposent notamment un guide pratique pour suivre les pas de Jonathan Parker ou ceux du Saigneur des ténèbres. Sans oublier une importante bibliographie-filmographie.


A quelques semaines de l’ouverture du festival du film fantastique de Bruxelles, cette bible Dracula vous mettra le sang à la bouche.
Ecoutez ! Entendez-vous s’ouvrir le couvercle du cercueil ? « Dracula is back from the Grave ! » Préparez votre pieu, vos balles d’argent et votre gousse d’ail. On ne sait jamais.

Comme le soulignait Bram Stoker, « la puissance du vampire tient à ce que personne ne croit à son existence. »

Philippe Degouy
philippe.degouy@lecho.be

La bible Dracula. Dictionnaire du vampire. Par Alain Pozzuoli. Editions Le Pré aux Clercs. 22,90 euros. 656 pages.

Photo : Le Pré aux Clercs

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