Florence Aubenas, avec 3 autres "piliers" du journal, quittent Libération

Florence Aubenas et trois autres grands noms de Libération quittent le quotidien en demandant la clause de cession, estimant "être en désaccord avec ce qui se passe au journal", a indiqué à l'AFP la journaliste.

(afp) Dans une lettre au PDG du quotidien, Vittorio De Filippis, ces quatre personnes signifient leur départ du journal en demandant à bénéficier de la clause de cession, que peut invoquer un journaliste en cas de changement de propriétaire du titre auquel il appartient.La direction leur ayant fait savoir qu'elle refusait cette clause de cession, les quatre journalistes devraient saisir la semaine prochaine le tribunal des Prud'hommes.

"Nous demandons la clause de cession parce qu'un des actionnaires a pris le contrôle du journal. Pour nous, le départ de Serge July le 29 juin a rendu effectif le contrôle de la société Libération par celle d'Edouard de Rothschild", a fait valoir Florence Aubenas, connue du grand public depuis sa détention en Irak du 5 janvier au 11 juin 2005."Je voulais finir ma vie à Libération et je serais restée à Libération, même si le navire coulait et je pars parce que la situation à Libération a changé, et que je suis en désaccord avec ce qui se passe au journal", a expliqué Florence Aubenas."On n'a pas voulu faire une action spectaculaire qui puisse nuire au journal. Cela fait deux mois que notre avocat essaie de négocier pour l'ouverture de la clause de cession. On ne nous a pas répondu jusqu'à fin juillet et on nous a répondu +non+ sans même discuter et sans même proposer de le faire", indique Florence Aubenas.

"On ne nous laisse pas d'autre choix que de partir", conclut-elle.Au côté de Florence Aubenas partent Jean Hatzfeld, Antoine de Baecque, redacteur en chef adjoint chargé de la culture et Dominique Simonnot, ancienne présidente de la Société des rédacteurs.La clause de cession avait été reclamée par le SNJ et SUD dès l'annonce du départ de Serge July. Edouard de Rothschild a pris 38,87% du capital le 28 avril 2005, avant d'obtenir le départ du PDG Serge July cet été. Vittorio De Filippis a depuis pris la présidence du quotidien dans le cadre d'une cogérance entre Rothschild et la Société Civile des Personnels de Libération (SCPL), deuxième actionnaire du journal.

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