LECTURE: Bugatti et Mini Cooper en compétition

Deux beaux albums parus aux éditions E-T-A-I retracent la carrière sportive de deux voitures de légende: la Mini Cooper et la Bugatti Type 35. Séquence nostalgie pour une époque bénie pour la compétition automobile.

(l'écho) - Bonne idée de la part des éditions E-T-A-I de publier un volume consacré aux Bugatti Type 35 en compétition. Et plus spécialement pour la période couvrant les années 1920 et 1930. Une sacrée rétrospective très bien illustrée ici de clichés inédits et qui retrace aussi le destin de quelque cent pilotes de la marque. Des "originaux" aux origines diverses comme des comtes, des gigolos ou des écrivains comme Aldous Huxley pour qui "la vitesse est la seule sensation tout à fait nouvelle de notre époque". Des pilotes non formatés à l'inverse des pilotes actuels pour qui les auteurs ne se montrent pas vraiment tendres: "de jeunes garçons sans relief nourris au lait et aux céréales et marqués apr l'argent et le stress."

Il faut dire, comme le raconte l'ouvrage, qu'à l'époque les pilotes n'hésitaient pas à défier la mort juste pour l'amour de la vitesse. La plupart du temps, ils pilotaient sans casque ni harnais de sécurité sur des circuits dépourvus de rails de sécurité mais bordés d'arbres, de maisons ou de précipices. Des compétitions au pourcentage de morts non négligeable avec quelque 30 à 35 accidents mortels par an.
Des aventuriers certes mais de fortes personnalités également. Comme Robert Benoist, champion du monde automobile mais aussi résistant au régime nazi et pendu en 1944 à Buchenwald. Citons aussi la délicieuse Hellé Nice, tour à tour danseuse nue, meneuse de revue et pilote. une femme passionnée par la compétition et ses nombreux amants, dont Maurice Chevalier.


Signalons également la sortie de l'album consacré à la Mini Cooper. Voiture de légende au même titre que la Bugatti de l'ouvrage précédent, la Porsche 911 ou la Jaguar Type E, "la plus grande des mini voitures" (pour reprendre une publicité de l'époque) est née de l'imagination d'Alec Issigonis. Il s'agissait au début d'une voiture destinée au shopping ou aux promenades du dimanche. Son avenir allait se révéler bien plus ambitieux. Avec notamment l'arrivée de John Cooper qui allait donner son nom à la version sportive de la voiture.
Malgré une petite taille et une motorisation qui la classait loin derrière les "muscle cars", la Mini n'a jamais eu à rougir de ses participations en course. Vedette des rallyes des années 1960 (notamment au Monte-Carlo) et coqueluche du public, elle s'est également illustrée sur les circuits avec des pilotes d'exception. A l'instar d'un John Rhodes, expert du pilotage en glissades contrôlées. Citons aussi le Belge Julien Vernaeve mais aussi Niki Lauda, James Hunt ou Alan Jones, trois champions qui ont taté de la Mini.Avec succès. Aujourd'hui, la légende continue avec la New Mini de chez BMW.

Philippe Degouy

Mini Cooper. De la série à la compétition. Par Enguerrand Lecesne. Editions E-T-A-I. 177 pages. Bugatti en compétition. Par E. Schimpf et J. Kruta. 185 pages. Editions E-T-A-I.

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