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LECTURE: "Clint Eastwood, une légende"

Simultanément à la sortie de son nouveau film Gran Torino, Clint Eastwood se voit gratifié d'une nouvelle biographie, non autorisée. Pas sûr que ce volume lui fasse réellement plaisir au vu des "révélations".

(l'écho) - Biographe spécialisé dans le cinéma américain, Patrick McGilligan s'est intéressé cette fois à une légende, l'une des dernières: Clint Eastwood. Au fil des quelque 770 pages de ce volume, il a voulu retracer le portrait de l'homme caché derrière le masque public. Raconter ce qui n'a jamais été dit en interview et montrer que la personnalité de l'acteur-réalisateur n'est pas aussi lisse que le sourire arboré face aux journalistes. Une légende que Clint Eastwood s'est évertué à construire sur son charme et sa parfaite maîtrise de la publicité.
Clint Eastwood? Un homme complexe comme l'affirme une personnalité interrogée par l'auteur: "C'est un personnage étrange. Il peut avoir un flingue dans la boîte à gants et écraser la pédale de freins pour ne pas rouler sur un écureuil qui traverse la route devant lui."
Signalons d'emblée qu'il y a à boire et à manger dans ce volume. On passera sans hésitation les chapitres consacrés à sa vie privée, aux procès de divorce et autres informations pour midinettes. Pareil pour les avis de connaissances de Clint qui veulent rester, courageusement, anonymes.

Plus intéressantes, par contre, sont les anecdotes relatives aux tournages, à ses relations avec les réalisateurs. Là, le livre montre tout son intérêt. Tous les classiques sont ainsi racontés avec force détails.
Au fil des pages,on découvre aussi la personnalité de Clint Eastwood, ses convictions politiques, plutôt orientées à droite. Un acteur qui a joué les durs à cuire au cinéma et qui l'est également dans la vie "réelle". L'homme n'hésite pas à défendre ses idées et à répondre coup pour coup aux attaques.  Comme lors de son récent conflit avec le cinéaste Spike Lee. Ce dernier lui reprochait de n'avoir pas mis assez de noirs dans les films Flag of our fathers et Letters of Iwo Jima. Quant à son côté Dirty Harry (du nom d'un personnage de flic qui a fait sa fortune), il apparaît quelques fois sous sa carapace d'homme agréable. Parlez lui de Michael Moore, par exemple. "Je jure de le tuer s'il se présente chez moi comme il l'a fait pour Charlton Heston." On imagine très bien, en effet, Clint pointant son Magnum 44  sur le front du cinéaste de gauche en lui citant sa réplique fétiche: "go ahead punk, make my day!"  Pour l'anecdote, cette réplique était celle fréquemment employée par le président Ronald Reagan, admirateur de Clint Eastwood.
Aujourd'hui, l'acteur-réalisateur renoue avec le triomple avec son nouveau film Gran Torino. Un nouvel opus qui s'inscrit parfaitement dans l'univers eastwoodien: "une société impuissante où l'individu n'a pas d'autre recours que de s'occuper lui-même de faire régner la loi."
Une oeuvre déjà qualifiée de testament. Vraiment? Comme le précise Steven Spielberg dans le livre, "Clint, malgré son âge (79 ans), a toujours la capacité de créer la surprise, et ce en partie parce que ses goûts sont très éclectiques." On le souhaite.
 
Philippe Degouy


Clint Eastwood. Biographie rédigée par Patrick McGilligan. 770 pages. nouveau monde éditions. 24 euros environ

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