LECTURE: Nos années Salut les Copains. 1959-1976

Voilà un album qui ravira bien des souvenirs parmi les lecteurs qui étaient gamins durant les années 60. Il raconte les tendres années d’ une émission de radio devenue légendaire sur Europe 1 : Salut les Copains. Une émission prolongée par un magazine devenu culte, lui aussi. Un pur plaisir.

(l’écho) –  Est-ce un effet secondaire de cette crise qui n’en finit pas ou un simple effet de mode? Peu importe au fond. Les années 60 connaissent un retour en force. Et ce dans tous les domaines. Au cinéma, en musique et même en littérature. Un nouvel exemple avec cet album, Nos années Salut les Copains publié chez Flammarion, qui revisite l’histoire d’une émission mythique devenue le symbole de la jeunesse française des années 60. Enfin, des adultes réfléchissaient au besoin d’indépendance des jeunes. Les années 60 furent d’ailleurs à l’origine d’un concept jusqu’alors inconnu : l’adolescence, cette période de transition entre l’enfance et l’âge adulte.
Salut les Copains, c’est d’abord l’histoire d’un visionnaire, Daniel Filipacchi, le premier à implanter en France les modes américaines.

En 1959, la radio est encore reine. Pas encore détrônée par les postes de télévision qui n’équipent qu’un million et demi de foyers français. A cette époque, une petite révolution voit également le jour : la miniaturisation. Le poste à transistors débarque sur le marché et permet à chacun d’écouter la musique qu’il aime. Parmi les stations de radio, l’une d’elles va rassembler des milliers de jeunes : Europe 1. C’est là que va débuter l’émission Salut les Copains le 19 octobre 1959. Le début du succès pour une émission qui tirait son nom d’une chanson de Gilbert Bécaud.
Grâce à Daniel Filipacchi, surnommé l’oncle Dan, l’émission est pourvue en bons disques importés des USA ou adaptés en français.
Une émission de jeux, d’interviews, de musique qui restera aussi par ses indicatifs : le fameux Last Night twist des Mar-keys ou le mythique SLC Salut les Copains. En studio régnait un sentiment de liberté jamais connu. Oncle Dan fut notamment le premier à tutoyer les auditeurs ou les artistes invités. Le premier aussi à copier les radios US et à pimenter les émissions de flashes de pub. Car ses auditeurs étaient aussi des consommateurs. Pas de traces de crise économique à cette époque.
Alors que les stations de radio traditionnelles passaient Luis Mariano, Tino Rossi, Annie Cordy ou les compagnons de la chanson, SLC diffusait des morceaux de rock, de soul ou de jazz. L'avènement des idoles des jeunes.

En complément de l’émission, dont le succès se veut rapidement considérable, Daniel Filipacchi et Frank Ténot lancent un magazine pour les jeunes. Avec pour son premier numéro un certain Johnny Hallyday en couverture. Nous sommes en juillet 1962. Au sommaire de ce numéro 1 des articles sur les stars de l’époque. Ray Charles, Vince Taylor, Brenda Lee ou Eddie (sic) Mitchell. L’adresse du magazine deviendra aussi connue que celle du Père Noël : Daniel, BP 150, Paris (VIIIe). A ce propos, inutile d’écrire, l’émission et le magazine n’existent plus !
Julien Clerc, Jo Dassin, Polnareff, Sardou, Clo-Clo, Sheila, Johnny. Ils furent tous de l’aventure.


Un magazine avec de belles plumes et un directeur de la photo qui allait faire son chemin par la suite : Jean-Marie Périer. Le succès de SLC Mag résidait dans les photos de stars. Celles punaisées ensuite dans les chambres des ados. Un an après son lancement, SLC atteint le million d’exemplaires.
Le succès ne se dément pas pendant près de 14 ans. Les années 70 avec l’arrivée de nouveaux médias et les bouleversements des relations avec les artistes auront la peau de ce magazine. Mais qu’importe. Tant l’émission de radio que le magazine resteront à jamais dans les mémoires des adultes d’aujourd’hui.

Sacré coup de nostalgie que nous propose cet album illustré de photos d’époque, d’interviews et de reproductions de couvertures. Une bouffée d’air frais bien agréable dans cette période bien sombre.

SLC. Salut les Copains. Fin du programme. Hasta la vista les yé-yé.

Philippe Degouy
philippe.degouy@lecho.be


Nos années Salut les copains. 1959-1976. Par Christophe Quillien. Préface de Jean-Marie Périer
Editions Flammarion. 160 pages. 25 euros

Photo Flammarion

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés