LECTURE: Sexus Economicus. Le grand tabou des affaires

Voilà un livre qui va faire jaser (rire aussi) dans le monde des affaires. Il aborde le dernier tabou de cette caste : l’usage du sexe pour obtenir des contrats ou déstabiliser l’adversaire. Une drogue pour certains patrons qui met en péril la survie même de l’entreprise.

Voilà sans doute le dernier tabou des affaires qui voit son verrou sauter. Oui, le sexe occupe une place importante dans la vie des entreprises et constitue sans doute l’autre nerf de la guerre avec l’argent. Rédigé par l’historien Yvonnick Denoël, Sexus Economicus, publié aux éditions nouveau monde, dresse une cartographie coquine et bien documentée sur les dangers du sexe en économie. Un monde de luxe et de business où l’on préfère souvent laver son linge en famille. Quand on peut museler la presse à temps. Laquelle préfère d’ailleurs se censurer plutôt que de déballer des ragots sur tel ou tel grand patron. Bien souvent, en effet, les grands groupes industriels sont aussi actionnaires des journaux.


" Oui, le sexe est le grand tabou du monde économique. Il explique la réussite ou l’échec de certains deals, la faveur ou la défaveur de tel dirigeant…Il obsède une proportion étonnante de cadres de haut niveau, et même jusqu’aux plus grands gourous de l’économie " souligne l'auteur.

A l'aide d'exemples extraits de l'actualité, l'ouvrage démontre  que les besoins sexuels des dirigeants constituent le maillon faible de l’entreprise. Au point de la mettre en danger. Les meilleurs systèmes de sécurité, informatiques ou autres, ne peuvent rien faire si le président laisse la porte ouverte aux attaques des groupes adverses. Les exemples ne manquent pas. Comment oublier par exemple celui incarné récemment par la femme la plus riche d’Allemagne, Suzanne Klatten, principale actionnaire de BMW. Victime d’un gigolo qui a réussi à la faire chanter sur de fausses informations.
Comme au plus fort de la guerre froide, tous les coups sont désormais permis pour déstabiliser un adversaire économique ou politique. Et avec l’internet, ces méthodes de guérilla ont trouvé le terrain idéal pour donner l’effet maximal. Le sexe est une arme économique puissante dont le but est double : faire chanter et récolter les informations à la source : sur l’oreiller.
Lors de J.O. de Pékin, les services secrets chinois avaient formé des jeunes femmes pour piéger les hommes d’affaires et diplomates occidentaux. Parmi les cibles très recherchées figuraient les membres de l’industrie IT. La fin justifie les moyens dit-on. Rien n'est plus vrai quand des millions sont en jeu.
Des procédés dignes des romans d’espionnages utilisés également entre alliés. Quand il le faut. L’ouvrage rappelle certaines affaires plutôt croustillantes.

Le monde du spectacle n’est pas oublié dans cette étude. Même si, dans l’esprit populaire, sexe et show bizz vont presque de soi. Et l’auteur de revenir sur ces histoires dévoilées dans la presse people. Les frasques des animateurs vedettes sont des secrets de polichinelle et, contrairement à celles des pdg, ne portent pas à conséquence. A part peut-être pour la réputation du coquin.

Après la bombe ou les missiles, voilà le sexe devenu une arme de destruction massive. Terriblement destructrice pour le business. Et coûteuse.
Un sujet encore largement tabou en Europe où les études sur le sujet se font rares. Raison de plus pour se délecter de ce document. Amusant et instructif.

Philippe Degouy
philippe.degouy@lecho.be

Sexus Economicus. Le grand tabou des affaires. Par Yvonnick Denoël. nouveau monde éditions. 300 pages. 19,90 euros.

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