Les Belges débarquent à Paris, rive droite, rive gauche

Des enseignes bien de chez nous à Paris. Et pas n'importe où. De Saint-Germain-des-Prés au quartier Saint-Honoré, la Belgian attitude séduit et s'impose.

(l'echo) Voici près de quinze ans, Pain Quotidien déclenchait une révolution dans la capitale française. En proposant aux Parisiens de tronquer leur sempiternelle baguette contre un généreux morceau de pain au levain, à déguster autour d'une table d'hôtes.

Aujourd'hui, c'est au tour d'Exki, la sandwicherie haut de gamme, de tenter de séduire les palais des Français. La chaîne débarque le 29 août prochain au boulevard des Italiens (2e arrondissement). Et le 16 du même mois, la marque de prêt-à-porter Chine Collection s'installe en grande pompe, rue de Castiglione.

Un pur hasard? Non.Le mois dernier, l'ensemblier-décorateur Flamant ouvrait une nouvelle boutique de 700 m², rue Saint-Honoré (8e). Flamant réalise 80% de son chiffre d'affaires - 39 millions d'euros en 2005 - à l'export. Dont 30% en France, en bonne partie à Paris.

Non loin d'Hermès, Gucci, Furla, «les pas de porte sont jusqu'à 10 fois plus chers qu'à Bruxelles mais par contre les loyers sont nettement plus abordables», renseigne Catherine Léonard, porte-parole de la marque. «Nous sommes maintenant présents rive droite et rive gauche», annonce-t-elle fièrement.

Le point de vente du 6e arrondissement (1.000m², à Saint-Germain) offre, en plus de l'assortiment Flamant, un restaurant et un fleuriste. Un concept store que l'entreprise voulait tester à Paris avant de le décliner à Hambourg, Bruxelles et Anvers. Jusque-là n'existaient que des boutiques classiques dans le périmètre du décorateur.

«La métropole est une carte de visite. Pour le monde entier. C'est là que nous avons noué les contacts commerciaux pour ouvrir au Japon ,avec un partenaire, et à Dubaï», justifie la responsable.

Un avis partagé par le chocolatier Marcolini, installé rue de Seine (6e): «Paris est une étape obligée pour valider un concept international et nous les Belges profitons d'un courant extrêmement positif», a-t-il déclaré. L'artisan belge songe maintenant à ouvrir une adresse rive droite.

Marie's Corner, le fabricant de canapés stylés, a démarré avec un coin de vente de 25m ² au Bon Marché. Présente deux fois par an au Salon professionnel Maison & Objet, la marque a bénéficié d'une couverture presse importante dans l'Hexagone. En 2003, elle a triplé sa surface de vente dans son grand magasin parisien. Et le chiffre d'affaires a suivi. «En 2005,notre chiffre d'affaires à l'espace Bon Marché était de 150.000 euros. Sur les cinq premiers mois de 2006, les ventes atteignent déjà 130.000 euros», illustre Noëlle Tombeur, export manager chez Marie's Corner.

«Nous sommes présents dans dix points de vente mais avons aussi démarché les bureaux d'études car en France, on a moins l'habitude des boutiques de décoration. On a ainsi obtenu des projets résidentiels mais aussi hôteliers», ajoute-t-elle.

Ce qui plaît aux Français? «Le bon mélange. Cette capacité de mixer des styles en une combinaison qui tient ensemble. Et le talent, en toute discrétion», reprend Catherine Léonard, chez Flamant.

«Sur un chantier, un Belge vous offre un bonjour souriant quand un Français vous tire la gueule», estime quant à lui l'architecte belge Olivier Lempereur.

Parti pour un stage chez Andrée Putman, il y a quinze ans, le «p'tit Belge» a fait son chemin. Un pied dans chacune des deux capitales, il travaille aujourd'hui pour des grands noms français, le joaillier Cartier ou le parfumeur Frédéric Malle , et belges, comme Marcolini et sa boutique du Sablon. «Paris vous offre une chance quand on commence de zéro. C'est un très grand marché. N'étant pas de Bruxelles et sans relations, j'aurais mis beaucoup plus de temps pour y arriver en Belgique», juge-t-il.

«Ce qui est très apprécié chez nous, c'est la convivialité et le professionnalisme», ajoute-t-il pour résumer la «Belgian attitude», tant prisée par nos voisins.

Manuela Hollanders

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