Les malheurs de Playboy en Indonésie continuent

Le rédacteur en chef de la version indonésienne de Playboy ainsi que deux mannequins qui avaient posé dans le magazine ont été inculpés d'outrage public à la pudeur, a annoncé vendredi la police. Ils risquent jusqu'à deux ans et huit mois de prison.

(AFP) Kartika Gunawan et Andhara Early, les deux mannequins, avaient posé en bikini ou en négligé dans le premier numéro du mensuel. Avant même son lancement le magazine de charme suscitait une opposition ferme des musulmans extrémistes, malgré sa forme très édulcorée. Le premier numéro de Playboy était sorti le 7 avril. Cinq jours plus tard des centaines de radicaux musulmans avaient jeté des pierres sur le bureau du mensuel, la parution avait été suspendue et la police avait convoqué le rédacteur en chef. Ce dernier, Erwin Arnada, se retrouve aujourd'hui inculpé. Le mensuel avait ensuite quitté la capitale Jakarta en espérant trouver du répit dans l'île de Bali. L'Indonésie est le plus grand pays musulman du monde, mais Bali a une vaste majorité hindouiste. Un deuxième numéro était sorti le 7 juin, ce qui avait entraîné immédiatement des condamnations de la part d'extrémistes musulmans. Le mensuel était paru sans publicité, les annonceurs ayant été victimes de menaces selon le journal. Même si l'islam pratiqué en Indonésie est dans son immense majorité tolérant, la presse indonésienne récemment émancipée est menacée de censure et se cantonne dans certaines limites.

(Photo: Belga)

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