Publicité

On fête nos retrouvailles, on se fait un thaï

Une nouvelle enseigne uccloise joue la carte de la prudence tandis qu'une note d'exotisme titille le Marché aux Poissons.

(l'echo) Un nouveau restaurant à Uccle: «Nos retrouvailles». Nouveau par le nom de baptême car, jusqu'il y a peu, c'était le «Da Michele». Et naguère, le «Vitelloni». Ces deux enseignes n'ont jamais eu à rougir de leurs pizzas. Depuis quelques mois, c'est Damien Ducobu qui a pris les commandes de ce qui est toujours une blanche et élégante maison. Concrétisant son rêve: abandonner l'informatique pour ne plus se consacrer qu'à sa passion pour la gastronomie. Et l'enseigne ne peut que lui porter bonheur puisqu'elle évoque une fête de famille où les Ducobu (un millier de parents, amis et connaissances!) se sont tout simplement? retrouvés.

Pour l'heure, le patron frais émoulu fignole le confort de son établissement où l'ouverture d'une terrasse est programmée pour ce mardi. Elle pourra accueillir une trentaine de couverts. La salle à manger, elle, est déjà toute pimpante. Avec son décor sobre mais chaleureux où le bordeaux (à moins que ce ne soit la couleur «rouge framboise») ajoute une note de standing.

C'est Marc Evrard (29 ans et des références au Vieux Bruxelles et au Vieux Saint-Martin) qui est au fourneau. Sa cuisine, à première vue, ne vise pas les sommets mais elle se veut irréprochable dans les classiques: carpaccio de boeuf (10 euros), tartare de mozzarella aux crevettes grises (12), marmite de sole et de scampis aux légumes croquants (15), suprême de volaille aux morilles (16)? Le filet pur, les côtes d'agneau, les rognons, le magret de canard rôti, la sole meunière sont dans le même registre. Avec cinq propositions de salades. Et des pâtes (linguine, parpadelles, tagliatelles) pour ne pas rompre complètement avec le passé de la maison.

Laquelle joue donc la carte de la plus parfaite honnêteté. Avec cependant un bémol: les cinq rondelles de calamar auxquelles nous avons eu droit (et que nous avions malencontreusement choisies en guise d'entrée) ne valaient pas tripette. Surgelées, annoncées en beignets et non pas comme il sied «à la romana», servies avec une sauce tartare de supermarché, nous espérons ne plus les? retrouver.

Amoureux des vins, Damien Ducobu suggère un excellent chardonnay-viognier du Languedoc. Il est signé Laurent Miquel et ne vole pas ses 18 euros. Joli choix de rouges dont - c'est de saison - un Chiroubles 2003 (22 euros) et un Saumur Champigny 2005 (24 euros). Par ailleurs, le Billecart-Salmon est le champagne de la maison. Qui s'impose lors de retrouvailles?

«Mitra» question de confiance...

En thaï, «Mitra» suggère l'amitié, les bonnes relations, la confiance. Qui, au départ, n'est pas évidente quand on décide sur un coup de tête de prendre à contresens le très bruxellois Marché aux Poissons. Et de préférer pour une fois coriandre et gingembre au persil frit des croquettes aux crevettes quand ce ne sont pas les câpres de la raie au beurre noir.

«Mitra» est en effet le seul restaurant exotique qui, au Vismet, ose avoir pignon sur rue. Et d'emblée - quitte à faire barrir un célèbre éléphant - il annonce la couleur: nouvel ambassadeur de la cuisine thaïe à Bruxelles! Est-ce à dire qu'il se pose en chef de file d'une cuisine popularisée chez nous au fil des ans et qui tend, présentement, à être galvaudée? Ne poussons pas le bouchon trop loin. Même si des inconditionnels assurent que «Mitra» a le monopole de l'authenticité. Et qu'on y mange aussi bien - si pas mieux - qu'à Bangkok ou à Phuket?

Ce qui est sûr, c'est que le chef n'a pas fait ses classes chez Mademoiselle Citronnelle. Pichai Janthorn peut se targuer de moult expériences dans les plus grands hôtels de Thaïlande. D'où il a ramené les meilleures recettes de soupe dont celle, piquante à souhait, de scampis aux cocos jeunes, herbes et épices thaïes (9 euros). Et les entrées proposées sont particulièrement soignées. Avec de subtils mélanges de saveurs qui pourraient (éventuellement) réconcilier avec l'aigre-doux.

Que ce soit en salade avec du saumon frais ou en sauce avec des cakes frits de poisson. Mais ce sera davantage un plat «hot» qui aura notre adhésion. «Yaw Woonsen», une salade piquante de vermicelles, marie à ravir crevettes, calamar, porc et tomates (9,50 euros). Autres préparations qui valent au «Mitra» de figurer momentanément (?) en tête du peloton des marmitons siamois: le traditionnel curry vert aux scampis et aux aubergines. Et le b?uf rôti au poivre noir avare ni de gingembre ni de légumes divers.

Installé à l'endroit même où se trouvait le Bistrot de la Mer d'Alain Troubat, «Mitra» est aussi un restaurant d'atmosphère. Mariant lignes contemporaines et décoration traditionnelle, le décor (banquettes et chaises cannées, jeux de miroir en mosaïque, bois laqués, oiseaux stylisés, drapé de tissus?) a été entièrement conçu et réalisé en Thaïlande et assemblé à Bruxelles. C'est ça aussi l'authenticité?

Dîner quatre étoiles à Uccle

Duo de choc aux fourneaux de chez «Bon Bon», l'étoilé ucclois de la rue des Carmélites. Mardi, Christophe Hardiquest accueillait en effet une star parisienne: Alain Passard, le chef de L'Arpège (3 macarons). Qui fut gratifié de sa première étoile Michelin en 1984 à... Bruxelles. A l'époque d'un certain «Carlton» du boulevard de Waterloo, ouvert (et vite fermé) par Jean Maillan. Au piano de «Bon Bon», les deux chefs devaient concocter un repas exclusif avec des créations respectives.

L'idée de cette rencontre gourmande à 200 euros le couvert? Elle revient à un producteur bordelais, François Mitjaville, propriétaire du Château Le Tertre Roteb?uf (Saint-Emilion Grand Cru) et du Château Roc de Cambes (Côtes de Bourg). Louis, le fils de François Mitjaville, ?nologue bien connu, était présent. Comme un autre producteur, champenois celui-là: Antoine Billecart (champagne Billecart-Salmon). Un repas huit services régala les convives avec une glace aux cèpes, des langoustines bretonnes en trois déclinaisons (en carpaccio à l'huile d'Argan, en tarama avec gelée au citron et rôtie), des pommes de terre nouvelles avec émulsion au vin jaune du Jura et huile de noisettes, du thon rouge au sumac avec fumet de pied de porc et suc de morilles, du rouget à la crème d'aubergine sicilienne safranée, un pigeonneau de Racan...

La victoire des Bleus fut célébrée au Billecart-Salmon (brut réserve, blanc de blancs 98 et rosé). Et aussi au Vin de Pays d'Oc «Les Creisse» vinifié par Louis Mitjaville, au Roc de Cambes 2001 et au Tertre-Roteb?uf 2003. Autant de jus de la treille concentrés, élevés en fûts neufs, amples et voluptueux.

Romarin

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés