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15 mois avec sursis pour l'ancienne triple présidente

À propos de la carrière bien construite d’Edmée De Groeve, il faut distinguer le gros œuvre et les petits détails de finition. Que ce soit dans le secteur privé, chez Sigma, ou dans l’appareil d’État, comme présidente de la SNCB, de La Loterie Nationale ou de BSCA (aéroport de Charleroi), le travail fut fait et bien fait. Mais dans la vie, il est de ces détails qui condamnent. À 15 mois de prison avec sursis. Il s’agit de petits calepins où cette femme de poigne aux goûts de luxe et aux allures de comtesse tenait ses comptes d’apothicaire. Les enquêteurs à ses trousses depuis une sombre dénonciation, en 2007, ont flairé l’oignon en décortiquant ces cahiers où la moindre dépense personnelle était notée. Jugée coupable de faux, usage de faux, détournement et abus de biens sociaux, la sanction sévère prononcée hier par la juge Séverine Lecollier balaie la défense de De Groeve. Son avocat Marc Preumont avait tenté la négligence. À peine arrivée à l’aéroport de Charleroi, en 2006, la présidente avait commencé à abuser de sa carte Visa, à s’octroyer de menus avantages et à faire plaisir à des frères ou amis de ses amis politiques (Franco Di Rupo ou Pierre Magnette, invités à faire la fête à Ténérife aux frais de la princesse). "Grandeur et décadence!" aux yeux de la justice. Le Parti socialiste d’Elio Di Rupo est éclaboussé par ce nouveau jugement prononcé dans la ville maudite de Charleroi. La condamnée devra rembourser 24.438 euros à BSCA. Et ce n’est pas fini. Au même titre que Didier Bellens, CEO de Belgacom, Edmée De Groeve est inculpée pour corruption. Il s’agit d’un dossier immobilier montois. Qui est toujours à l’instruction dans la ville du Premier ministre.