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Charbon: le poison, c'est la dose

Ce n’est pas parce qu’on est le meilleur élève de la classe qu’il faut arrêter de faire des efforts, souligne le journal français Les Echos, qui ajoute que, sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique, la France applique trop parfaitement cet adage. "Nous préférons voir le thermomètre qui monte et la pollution qui grimpe, plutôt que de nous féliciter du chemin parcouru", dit le journal. C’est au nom du pragmatisme et du souci d’exemplarité que la France s’est engagée à fermer d’ici à 2022 ses cinq dernières centrales électriques tournant au charbon. Si, moralement, l’argument peut se défendre, sur un plan stratégique et écologique, il s’agit pourtant d’une bien étrange décision. Au nom de la sécurité d’approvisionnement en électricité, rien ne dit que d’ici 4 ans, la France disposera des ressources alternatives pour faire face à la disparition de ces centrales. Sur un plan purement écologique, la fermeture de ces centrales au charbon n’aura globalement aucun impact. À l’échelle du globe, la "France électrique" est déjà l’un des pays les plus faiblement émetteur de CO2. C’est en Chine, en Allemagne et chez tous ceux qui font du charbon la première source de production d’électricité au niveau mondial qu’il faut fermer ces centrales. Comme le disait le toxicologue suisse Paracelse: "Tout est poison, rien n’est poison: c’est la dose qui fait le poison." "En matière d’énergie, un tout petit peu de charbon un petit peu plus longtemps chez nous n’a rien de dramatique", conclut le journal économique français.