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Classique | Jan Lisiecki - "Mendelssohn"

On lui doit des Chopin aux couleurs de l’Eden. Le voilà qui récidive avec Mendelssohn, dont il souligne avec une éloquence peu banale toute la richesse de l’œuvre pour piano, trop longtemps boudée. De disque en disque, le jeune pianiste canadien Jan Lisiecki impose un art d’une élégance virtuose, sans tape-à-l’œil. Un impératif dans le cas présent puisqu’il s’agit de servir les deux concertos pour piano, auquel il est parfois reproché quelques excès démonstratifs. Épaulés par un Orpheus Orchestra jamais écrasant dans une partition pourtant fort riche, les concertos trouvent une saveur nouvelle, nourrie d’un élan vital réjouissant – le Molto allegro du n°1 est un vrai soleil, le presto final du n°2 un envol. Tout aussi aérien dans les trois œuvres en solo qui enrichissent cet album, Lisiecki relit les 17 Variations sérieuses op.54 avec la gourmandise d’un gosse dans un magasin de confitures. Rappelle que dans le Rondo Capriccioso op.14, le mot caprice n’est pas usurpé. Et achève son vagabondage en compagnie du plus classique des romantiques par l’émouvant andante des Lieder ohne Worte. Un "sans paroles" qui laisse sans voix, effectivement.