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Classique | "Mendelssohn - Piano Concerto n°2/ Symphony n°1"

Sa lecture du concerto pour piano n°1 de Mendelssohn nous avait passionnés. Il aura fallu huit ans pour avoir droit au second concerto, mais on ne sera pas déçu. Le pianofortiste Kristian Bezuidenhout joue ici sur un Erard de 1837 – l’année où fut créée cette œuvre – et l’on ne peut que s’en réjouir. Sans faire d’historicisme obtus, on la savoure davantage ainsi, plutôt que sur un lourd Steinway de concert. Non que l’on boude certaines admirables versions "classiques", mais assumons ici notre subjectivité. Les couleurs, la dynamique, le relief, les timbres d’un Erard et sa pointe de verdeur servis par le maître actuel du clavier XIXe, voilà qui livre un Mendelssohn d’époque à frissonner pour de bon. Car si l’œuvre peut parfois dérouter par sa ligne, Bezuidenhout sait parfaitement où il va, alternant mordant et sensibilité – savourez l’"adagio", d’une grande tendresse. Seul regret, la puissance parfois excessive des Freiburger emmenés par Heras-Casado, lesquels nous offrent en prime la Symphonie n°1, très "Sturm und Drang", et Mélusine, aimable poème symphonique.