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Classique | "Wolfgang Rihm - Jakob Lenz" - Frank Ollu/Andrea Breth

Il ne dure qu’une bonne heure, mais "Jakob Lenz", opéra de chambre écrit par Wolfgang Rihm en 1976, reste à ce jour l’un des spectacles les plus forts – et les plus noirs – coproduits par la Monnaie cette dernière décennie. Le voici désormais en DVD. Malgré l’inévitable distance qu’induit la captation vidéo, le choc est toujours là, frontal. Le livret retrace un épisode démentiel de la vie du dramaturge Jakob Lenz, ami de Goethe avec lequel il se brouilla, avant de basculer peu à peu dans la folie. C’est à cette dérive schizophrénique que l’on assiste en témoin impuissant, tétanisé par la déchirure mentale de Lenz. Hallucinante, la prestation du baryton Georg Nigl. Magistrale, la mise en scène (en abîme plutôt!) d’Andrea Breth. Riche et complexe, la musique qui convoque onze musiciens (violoncelles, percussions, bois…). Haletant, le découpage en treize tableaux de plus en plus névrotiques… "Tout me semble si étroit. J’ai parfois l’impression de heurter le ciel avec mes mains; oh, j’étouffe!", hurle Lenz. Nous aussi. Mais notre cauchemar a une fin, lui.