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Des sensations musicales peu banales

La musique contemporaine suscite bien des moues chez ceux qui ne prennent pas le temps de l’écouter. Mais peut-être est-elle simplement mal cataloguée – celle de Mozart ne l’était-elle pas à son époque? Car elle n’est jamais que le fruit d’un long processus évolutif, comme s’apprête à le démontrer l’Ensemble Intercontemporain (EIC). Fondé il y a quatre décennies par Pierre Boulez, la célèbre formation occupera en effet Notre-Dame de la Chapelle, à Bruxelles, pour défendre, en compagnie des Solistes XXI, un programme peu banal: les œuvres très "contemporaines" de Varèse, Ligeti et Figuera donneront en effet la réplique aux partitions médiévales de Dufay, Ciconia, Machaut et Desprez. Grand écart? Non. Dialogue entre passé et présent, pour mieux souligner une continuité musicale insoupçonnée. L’Ensemble se produit d’ailleurs dans le cadre du "Early vision music", dédié à la musique ancienne (1).