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Écoutez les râleurs, ce sont les meilleurs employés

Scientifique et blogueuse pour un grand quotidien français, Annie Kahn a rédigé un ouvrage positif sur un monde qu’elle connaît bien : celui des entreprises. Avec "Les râleurs sont les meilleurs", document publié aux éditions JC Lattès, elle nous fait découvrir comment mieux vivre la vie en "boîte" avec le retour des bonnes idées et d’un certain positivisme. Son ouvrage est rédigé avec beaucoup d’humour et se veut bien argumenté avec des extraits d’études scientifiques rédigées par de grandes universités, qui sont au point de départ de ce chouette guide qui foule au pied de nombreuses idées reçues. Ainsi on parle beaucoup des sanctions à prendre pour l’usage de l’internet à usage privé au bureau. Pour Annie Kahn, "surfer sur le net serait une certaine façon de se reconstituer. Et donc d’être plus productif." Une idée à balayer également, celle qui veut qu’on se fait bien voir du boss par le présentéisme. Pourtant, cette pratique ne rapporte rien à l’entreprise. Ou si peu, en regard des points négatifs qu’elle entraîne : dégradation de l’ambiance dans les équipes, manque de concentration, travail à refaire… L’auteur apporte aussi des clés en vue d’améliorer la vie professionnelle. En donnant du temps au temps, en sachant écouter les collègues, accepter la diversité, décoder le comportement du patron…. Et qu’en est-il des râleurs dont il est question dans le titre du livre? Sont-ils vraiment meilleurs que les autres? Précisons que l’auteur ne traite que des (bons) râleurs, ceux qui veulent faire progresser les choses, qui proposent des solutions, qui corrigent les gaffes des collègues, mais qui, en fin de compte, ne sont pas plus respectés que les autres. Des râleurs, souvent performants, efficaces, avec de bonnes idées, mais peu écoutés par le management. Et qui finissent donc par partir, privant ainsi la société de bonnes idées. Alors oui, les râleurs sont les meilleurs. Même s’il ne faut pas en faire une règle absolue. Un ouvrage à découvrir. Côté salarié et côté patronal. Philippe Degouy