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Étonnant whisky insulaire/ Le cassoulet au pluriel

So scottish. — Il s’appelle James Brown, mais ne chante pas. Son champ d’orge se trouve face à l’océan, près du petit village de Port Charlotte sur l’île d’Islay, à l’ouest de Glasgow. Cet Écossais bon vivant est devenu l’un des rares à encore cultiver cette céréale qui après séchage (maltage), donnera l’un des meilleurs et des plus typés scotchs whiskies. On la retrouvera dans la qualité "Octomore" produite par la distillerie Bruichladdich qui appartient au groupe Rémy-Cointreau et est l’une des neuf distilleries encore en activité sur l’île d’Islay. En 2001, un groupe de passionnés, mené par Murray Mc David, avait relancé sa production avant de céder l’entreprise au groupe français. Par rapport aux autres whiskies de l’île, la gamme dirigée et créée par Jim Mc Ewan (qui fut sacré "distillateur de l’année" en 2012) se partage entre des qualités non tourbées et d’autres qui le sont fortement comme précisément cet "Octomore" qui s’affirme comme le whisky le plus tourbé du monde. On goûte, avec mister Brown, l’eau à même la rivière voisine, à l’exceptionnelle pureté: c’est elle qui entrera dans les whiskies de Bruichladdich. Et notamment dans le "Classic Laddie" produit avec, aussi, de l’orge écossaise mais ici non insulaire: cette distillerie serait-elle devenue la seule à élaborer ses eaux-de-vie avec une matière première venant exclusivement de cette région, non importée donc? On le prétend. Ce "Single Malt", non tourbé, non filtré, présente un nez iodé, une bouche très légèrement saline se terminant sur de la douceur malgré ses 50° d’alcool annoncé. Il ne peut nier son origine marine. (Vendu chez Delhaize 49,90 euros.)